Acidification des moûts et des vins par l'acide fumarique : impact de son ajout sur les caractéristiques chimiques et sensorielles des vins de cépage dans le cadre du changement climatique
| Auteur / Autrice : | Claire Payan |
| Direction : | Pierre-Louis Teissèdre, Monika Christmann |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Œnologie |
| Date : | Soutenance le 20/12/2023 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux en cotutelle avec Hochschule Geisenheim University |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de la vie et de la santé (Talence, Gironde ; 1993-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut des sciences de la vigne et du vin (Villenave-d'Ornon, Gironde) |
| Jury : | Président / Présidente : Jorge Ricardo Da Silva |
| Examinateurs / Examinatrices : Encarna Gómez-Plaza | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Fernando Zamora, Stamatina Kallithraka | |
| DOI : | 10.70675/34394ddczea9bz43d5z9d5dz66e9caa0a7b3 |
Mots clés
Résumé
Le changement climatique affecte la composition des baies de raisin, et a entraîné des dérèglements de la matrice du vin, avec une augmentation du titre alcoométrique et une diminution sensible de l’acidité des vins. Dans ce contexte la recherche de solutions pour acidifier les moûts et les vins est primordiale afin de maintenir la stabilité, la conservation et la qualité sensorielle des vins. L’objectif principal de cette étude était de tester l'ajout d’un acide alternatif : l'acide fumarique pour l'acidification du moût et du vin, et d’apprécier son impact sur les caractéristiques chimiques et sensorielles des vins de différents cépages et origines. Un second objectif était d’étudier l’utilisation d’acide fumarique pour renforcer la conservation du vin, en permettant de réduire ou comme alternative à l’ajout de dioxyde de soufre (SO2) dans la vinification traditionnelle et conservation du vin.Une étude préliminaire sur les propriétés chimiques pour définir la solubilité et le pouvoir acidifiant de l’acide fumarique avec comparaison à l’acide tartrique, malique et lactique a été réalisée dans différentes matrices hydro-alcooliques, moûts et vins (blancs et rouges), ainsi qu’une étude sur ses propriétés sensorielles. Une méthode d'analyse de routine simple, rapide, fiable et validée utilisant la chromatographie liquide haute performance avec détection UV (HPLC-UV) a également été développée pour quantifier l’acide fumarique dans différents types de vins. Cette méthode présente une limite de détection de 0.2 mg/L ainsi qu’une limite de quantification de 0.3 mg/L, avec une répétabilité inter et intra journalière présentant un RSD ≤ 2%. Ce travail de recherche a également permis d’évaluer l'impact de l'ajout de l’acide fumarique sur vin rouge de cabernet sauvignon, en comparaison à l’ajout d’acide tartrique, à différentes étapes de la vinification : à la mise en cuve et juste après l’écoulage. Les résultats de cette première étude ont permis de comprendre l’implication de l’acide fumarique dans les étapes de vinification, notamment sa métabolisation lorsqu’il est ajouté avant la fermentation alcoolique. Une deuxième étude concerne l’ajout d’acide fumarique pour différentes doses (1 g/L et 2 g/L), en comparaison avec l’acide tartrique (1.25 g/L et 2.5 g/L), avant la mise en bouteille de vin rouge de cabernet-sauvignon, révélant son efficacité dans le contrôle du pH et son potentiel pour réduire l'utilisation de SO2. Les résultats de cette deuxième expérimentation ont révélé un impact significatif de l’ajout d’acide fumarique sur les composés phénoliques, notamment la catéchine et l’épicatéchine qui sont maintenue à des concentrations supérieures dans le temps en comparaison au contrôle et aux modalités avec l’acide tartrique. Dans une dernière partie, l’utilisation de l’acide fumarique dans la vinification en blanc, sur du Müller-Thurgau (cépage allemand, Riesling x Sylvaner) a été étudiée. L’ajout d’acide fumarique a permis d’inhiber la fermentation malolactique avec la même efficacité que l’ajout de SO2. Les résultats indiquent que l’ajout d’AF lors de la conservation et à la mise en bouteille du vin apparaissent comme des alternatives prometteuses pour l’acidification des vins et comme des pratiques œnologiques plus durables permettant de réduire l’utilisation de SO2. Les résultats concrets obtenus justifient l'inclusion de la fonctionnalité acidification des moûts et des vins avec l’AF par l'OIV dans le Code des pratiques œnologiques internationales de l'OIV. Des études complémentaires doivent permettre d’affiner l’utilisation et les fonctionnalités de l’acide fumarique sur moûts (en particulier) et vins.