Thèse en cours

Le régime juridique des biens culturels issus de spoliations antisémites. Étude de droit comparé.

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Auteur / Autrice : Clémence Renard
Direction : Jean-Yves Marechal
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit privé
Date : Inscription en doctorat le 31/08/2025
Etablissement(s) : Université de Lille (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche Droits et Perspectives du Droit
Equipe de recherche : LERADP - L'Equipe de Recherches Appliquées au Droit Privé

Résumé

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La spoliation n'est qu'un infime rouage de la machinerie nazie. Malgré plusieurs politiques de restitutions entamées dans divers pays européens à la suite de la Seconde Guerre mondiale, tous les biens culturels spoliés n'ont pu retrouver leur propriétaire d'origine. Selon que le bien se situe dans des collections publiques muséales ou des collections privées, la procédure de restitution et notamment sa durée n'est pas la même. Les biens issus de spoliation peuvent être découverts dans des collections publiques ou lors de ventes aux enchères, ce qui pose la question de leur suivi mais également des interrogations d'ordre éthique : doivent-ils être préemptés ou conservés par l'État ou doivent-ils être conservés en attente de réclamations des propriétaires ou des ayants-droits de ces derniers ? Dans le cas où le propriétaire du bien ou ses ayants-droits relèvent d'un État étranger et sont donc soumis à une autre législation, quelle procédure convient-il d'appliquer, celle qui est la plus favorable au bien ou celle qui est la plus avantageuse pour les ayants- droits. Quel est alors le régime juridique des biens culturels issus de spoliations antisémites en Europe ? Dans le cas où il existerait autant de régimes que de législations, ne serait-il pas plus judicieux de s'intéresser à la création d'un régime unique, en Europe ou au sein de l'Union Européenne, permettant aux propriétaires spoliés ou leurs ayants-droits de s'adresser à un seul et unique organisme, permettant une facilitation des restitutions ? Les biens issus de spoliations sont divers, englobant à la fois des biens culturels par nature tels que des tableaux ou statues et des biens meubles tels que des ouvrages ou instruments de musique, présentant un intérêt au titre du patrimoine culturel. Il serait donc intéressant de savoir si ces deux types de biens bénéficient de la même législation ou s'il est préférable de se doter d'une législation pour chaque type de biens, en rattachant les biens culturels issus de spoliation à la législation en vigueur sur les biens culturels et les autres biens aux règles ordinaires appliquées à tous les biens meubles. Les questions posées par le sujet sont donc nombreuses et méritent de faire l'objet d'une réflexion théorique approfondie afin de concevoir des solutions pratiques équilibrées et satisfaisantes pour toutes les parties intéressées.