L'art de la manipulation dans le discours politique égyptien (1923-2013)
| Auteur / Autrice : | Haïdy Mohamed elmassah |
| Direction : | Bruno Paoli |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Linguistique, littérature et civilisation arabes |
| Date : | Inscription en doctorat le 10/10/2016 |
| Etablissement(s) : | Lyon 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | 3LA - Lettres, Langues, Linguistique et Arts |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CIHAM - Histoire, Archéologie, Littératures des mondes chrétiens et musulmans Médiévaux |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Cette thèse étudie les discours politiques de plusieurs présidents égyptiens, en particulier Mohamed Naguib, Gamal Abdel Nasser et Anouar El-Sadate, afin de comprendre comment le langage a été utilisé pour construire, légitimer et maintenir le pouvoir. L'objectif principal consiste à montrer que ces dirigeants ont développé un style rhétorique fondé sur la militarisation du vocabulaire, la glorification de la patrie, la création d'un ennemi intérieur ou extérieur, et l'appel constant à l'unité nationale. L'analyse révèle que, dès le début de la République, le discours politique a instauré une relation hiérarchique entre le dirigeant et le peuple, présenté fréquemment comme un « soldat » chargé de servir l'État. Ce langage associe devoir, sacrifice et obéissance, et permet ainsi de justifier la centralisation du pouvoir et la répression des oppositions. La thèse montre également qu'il existe une continuité rhétorique entre les présidents : malgré les différences idéologiques ou contextuelles, chacun reprend des stratégies discursives similaires, telles que l'usage des métaphores guerrières, la diabolisation de l'ennemi, et l'absence de reconnaissance explicite des droits citoyens. Cette permanence du langage politique contribue à enraciner une culture autoritaire fondée sur la peur, la mobilisation émotionnelle et la sacralisation du leader. Ainsi, la thèse met en lumière que l'héritage rhétorique des présidents égyptiens n'est pas seulement linguistique : il participe à la formation d'une vision du pouvoir dans laquelle le dirigeant apparaît comme le seul garant de la stabilité et de l'unité nationales.