Approche multidisciplinaire combinant l'imagerie par résonance magnétique 23Na, la libération in-vitro de sodium et l'évaluation sensorielle pour étudier les interactions sel-aliments et optimiser l'utilisation du sel de table par les consommateurs
Auteur / Autrice : | Raphael Monod |
Direction : | Thierry Thomas-Danguin, Sylvie Clerjon |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Sciences agronomiques |
Date : | Soutenance le 26/11/2024 |
Etablissement(s) : | Bourgogne Franche-Comté |
Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Environnements, Santé (Dijon ; Besançon ; 2012-....) |
Partenaire(s) de recherche : | établissement de préparation : Université de Bourgogne (1970-2024) |
Laboratoire : Centre des Sciences du Goût et de l'Alimentation (Dijon ; 2010-....) | |
Jury : | Président / Présidente : Philippe Cayot |
Examinateurs / Examinatrices : Marc-André Delsuc, Markus Stieger, Riëtte De Kock, Wafaa Zaaraoui, Jean-Marie Bonny | |
Rapporteurs / Rapporteuses : Marc-André Delsuc, Markus Stieger |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Une consommation excessive de sel (NaCl) augmente considérablement le risque de maladies cardiovasculaires. Cependant, la consommation moyenne reste jusqu’à deux fois supérieure à la recommandation de l'OMS, qui est de 5 g par jour. La réduction de la consommation de sel est donc une priorité absolue pour prévenir les maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires. Jusqu'à présent, l'industrie a déjà réussi à réduire les teneurs en sel de nombreux aliments commerciaux, mais la nécessité de poursuivre la réduction de la consommation de sel reste pressante. L'une des principales préoccupations est que les consommateurs augmentent leur consommation de Sel Discrétionnaire (SD) pour compenser la perte de goût, ce qui rendrait la reformulation des aliments moins efficace. Jusqu'à présent, l'utilisation du sel discrétionnaire a reçu peu d'attention et n'est pas clairement ciblée par les recommandations, bien qu'elle contribue significativement à la consommation globale de sel.Objectifs :Ce projet de thèse s'inscrit dans ce contexte ; il fait partie du projet global et multidisciplinaire Sal&Mieux (fondé par l'Agence Nationale de la Recherche), qui vise à identifier des leviers sur la façon d'optimiser l'utilisation du SD. Deux objectifs principaux ont été définis pour cette thèse : (i) mieux comprendre comment le SD interagit avec les matrices alimentaires, puis comment celui-ci est libérée dans la bouche en fonction de différentes pratiques d’assaisonnement ; (ii) identifier les conséquences en termes de goût salé et de la saveur ; le défi étant d'identifier les pratiques domestiques qui permettent d’optimiser un maximum l'utilisation du SD. L'hypothèse de base est que, selon le type d'aliment et les pratiques de salage, le SD interagit différemment avec la matrice alimentaire et est libéré dans la bouche selon divers schémas dynamiques qui déterminent la perception globale du goût salé.Méthodologie :Le travail de thèse était basé sur des approches expérimentales complémentaires suivant une voie transdisciplinaire. Premièrement, la Résonance Magnétique Nucléaire 23Na (RMN) et l'Imagerie Magnétique Nucléaire (IRM) ont été utilisées pour évaluer quantitativement l'interaction et la distribution du sodium pour une variété de matrices alimentaires (carottes, pâtes et poulet) et de pratiques de salage (moment de l'ajout de sel, forme des cristaux de sel, influence de l'ajout d'arôme). Deuxièmement, une évaluation sensorielle a été réalisée pour mettre en évidence les pratiques domestiques susceptibles d'améliorer la perception sensorielle du SD. En outre, la libération temporelle du sodium des produits alimentaires a également été contrôlée in vitro à l'aide d'un simulateur de bouche dédié.Résultats :Ce travail a permis de démontrer pour la première fois que la consommation discrétionnaire de sel pouvait être réduite grâce à certaines pratiques domestiques d'assaisonnement et ce pour une large gamme d'aliments réels. Nous avons observé que le salage après la cuisson, conduisait à une plus forte intensité salée par rapport au salage au début du processus de cuisson. Cette plus forte intensité du goût salé a été particulièrement observée lors de l'utilisation de sels commerciaux (sel de mer fin et fleur de sel). Nous avons démontré sur la matrice carotte que cette augmentation du goût salé était due à une distribution hétérogène du sel dans la matrice alimentaire lors du salage après cuisson. Cette distribution inhomogène induit une libération de sel très variable pendant la mastication, créant des pulse de sel qui sont connues pour renforcer le goût salé. Nous avons également démontré que l'utilisation d'arômes, dont certains disponibles au supermarché, pouvait renforcer l'intensité du goût salé d’aliments domestiques.En fin de compte, ces pratiques de salage peuvent contribuer de manière significative aux initiatives mondiales visant à réduire la consommation de sel.