Contribution des universités et des organismes professionnels à la traduction et à l'interprétation spécialisées en Tanzanie de 2001 à 2021

par Fredrick Chiwanga

Projet de thèse en Sciences du langage Spécialité Didactique et Linguistique

Sous la direction de Caroline Rossi.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble) , en partenariat avec Institut des Langues et des Cultures d'Europe, d'Amérique, d'Afrique, d'Asie et d'Australie (laboratoire) depuis le 02-01-2021 .


  • Résumé

    Contribution des universités et des organismes professionnels à la traduction et à l'interprétation spécialisées en Tanzanie de 2001 à 2021 1. Définitions des mots clés Dans cette partie, il est important de définir les termes les plus proches (synonymes) et surtout ceux qui sont utilisés d'une manière interchangeables même par les natifs : la traduction et l'interprétation ou bien le traducteur (la traductrice) et l'interprète. Plus spécifiquement, ils ont souvent tendance à confondre la traduction et l'interprétation. Pour eux, un traducteur est un interprète et vice versa comme la maîtrise de langues étrangères et l'idée de traduire un message sont les points communs entre ces deux métiers. 1.1 Traduction Professionnellement, le mot « traduction » se réfère à la conversion de texte écrit d'une langue (source/de départ) dans une autre (cible/d'arrivée) de sorte que le nouveau texte traduit reflète le contenu (message et sens) du texte original et des perceptions et coutumes culturelles correspondantes du public cible (Centre for Health Literacy, 2010 :1). Les traducteurs doivent posséder de solides connaissances techniques et maîtriser le jargon dans les deux langues (la langue source mais aussi la langue cible). De même, ils doivent avoir les yeux de lynx ou une vision bionique. Non seulement cela mais aussi, les traducteurs doivent avoir une formation aux outils informatiques tels que les outils terminologiques, les logiciels de rappel automatique, de dépouillement assisté par ordinateur, les logiciels de traduction automatique et les aides à la correction pour rendre à temps de longs travaux. Selon Nida et Taber (1969), la traduction consiste à reproduire dans une langue réceptrice l'équivalent naturel le plus proche du message de la langue source d'abord en termes du sens et ensuite en termes de la classe. Cette définition est liée à cette étude car elle concerne le processus mais aussi elle intègre les formes écrites et orales à la fois - ce qui fait l'objet de cette étude. Sur le marché du travail, on distingue en gros deux types de traduction : la traduction littéraire qui concerne les romans, poèmes et autres types de textes relevant du domaine littéraire et la traduction technique (Vegliante, 1996). Cette étude focalisera sur la dernière comme c'est celle qui est dite « spécialisée » et qui la majorité des traducteurs tanzaniens la font dans plusieurs contextes. 1.2 Interprétation En ce qui concerne l'interprétation, celle-ci s'agit de changer de langue oralement contrairement à la traduction qui est faite à l'écrit (Nolan, 2010). C'est une activité langagière consistant à rendre, à l'oral, [ou en signe,] dans une langue donnée, ce qui a été communiqué dans une autre langue en préservant le registre et le sens du contenu du texte de départ. Elle rend compte de chaque manifestation de sens de la langue originale, de chaque intonation, de chaque hésitation, de chaque souffle du discours (Seleskovitch, 1985). Les interprètes ne doivent pas se contenter d'interpréter rapidement et soigneusement le sens, mais également, d'y inclure le ton et l'intention du message d'origine dans la langue cible et respecter l'éthique et les normes de la pratique professionnelle. En plus, les interprètes professionnels doivent avoir une capacité d'écoute bien aiguisée ou bien une ouïe extraordinaire. En principe, il existe deux types d'interprétation : la simultanée et la consécutive. L'interprétation simultanée est souvent employée pour les réunions ou conférences multiculturelles et multilingues. Les interprètes sont généralement assis dans des cabines d'interprétation insonorisées et transmettent le texte source, permettant à l'ensemble de l'audience de comprendre ce qui est dit quasiment en temps réel ; toujours en maintenant le ton, le message et la culture de la langue source ou bien de l'orateur pour en saisir toutes les nuances et les subtilités. En effet, faire de la simultanée c'est entendre la pensée d'autrui au lieu de la sienne propre, et c'est en même temps parler spontanément (Seleskovitch, 1985 ; Gile, 1995). Dans ce type d'interprétation il faut au moins deux interprètes par couple de langues qui doivent alterner la prise de parole (tous les quarts d'heure, voir demi-heure selon la décision des interprètes) pour maintenir la qualité de leur service. L'interprétation consécutive est généralement employée pour les visites et les interventions courtes comme les discours de table, allocutions de bienvenue, négociations commerciales et dialogues bilatéraux. L'interprète prend des notes lors que l'orateur intervient et la rend dans l'autre langue quand celui-ci s'interrompt ou bien à la fin du discours. Principalement, cette technique ne nécessite pas d'équipement technique. La note devient ainsi l'aide-mémoire qui fait renaître le souvenir de ce qui a été compris à l'audition (Seleskovitch, 1968). Cette étude prendra en charge de ces deux types principaux d'interprétation et ignora les sous-types comme l'interprétation des signes, la traduction à vue, l'interprétation téléphonique, le chuchotage et le bidule. 1.3 Traduction et interprétation spécialisées Comme nous avons évoqué la différence entre la traduction et l'interprétation, maintenant nous pouvons voir les deux dans les sens les plus spécifiques. La traduction [ou l'interprétation] spécialisée est un terme et un concept utilisés pour désigner une traduction qui requiert des connaissances particulières dans un domaine qui ne ferait normalement pas partie des connaissances d'un traducteur et dans ce domaine, le traducteur doit avoir ou acquérir une certaine maîtrise des concepts très avancés du domaine pertinent, même si le niveau des praticiens du domaine respectif reste en théorie plus élevé que celui requis pour traduire des textes spécialisés (Gouadec, 2007). Dans ce cas, la traduction et l'interprétation spécialisées exigent un savoir précis et étendu dans un secteur professionnel particulier. Une compréhension approfondie d'un texte est nécessaire, car la traduction ou l'interprétation ne consiste pas tout simplement à remplacer ou reformuler des mots dans une langue (langue source) par des mots dans une autre langue (langue cible) mais à produire un texte presque similaire dans une langue différente pour parler au cœur des gens. Les domaines spécialisés de la traduction et de l'interprétation comprennent la médecine, le droit, les finances, les sciences de l'environnement, le tourisme, l'administration, la politique, les relations internationales et la diplomatie, l'agriculture et l'informatique. Pour réaliser la traduction ou l'interprétation spécialisée, il est essentiel de maîtriser le jargon du domaine et de savoir employer les bons termes ; une traduction ou interprétation qui ne reflète pas l'usage courant voire le néologisme et l'évolution de la langue de spécialité pourrait être imprécise, voire incorrecte, et ne saurait intéresser ses lecteurs ou auditeurs. Ici il n'y a pas de marge d'erreur, notamment dans le cas de la traduction ou l'interprétation juridique. Cela peut coûter très cher ! C'est la raison pour laquelle les traducteurs et les interprètes spécialisés peuvent demander des prix plus élevés pour leur travail (Gouadec, 2007; Byrne, 2014). Dans ce cas, cette étude cherchera à savoir les domaines de spécialités des traducteurs et des interprètes en Tanzanie, leurs couples de langues, types de traduction et ou d'interprétation qu'ils réalisent, et la place de la politique, des universités et des organismes professionnels dans l'amélioration de la traduction et de l'interprétation en Tanzanie de 2001 à 2021. 2 Objectifs 2.1 Objectif principal : L'objectif principal de cette recherche est d'évaluer la contribution des universités et des organismes professionnels au développement de la traduction et de l'interprétation spécialisées en Tanzanie de 2001 à 2021. 2.2 Objectifs spécifiques : Pour réaliser l'objectif principal, cette étude sera guidée par quatre objectifs spécifiques, à savoir : i. Evaluer la place de la politique langagière dans la croissance de la traduction et de l'interprétation spécialisées en Tanzanie; ii. Déterminer les mesures prises par les organismes professionnels en Tanzanie pour soutenir et promouvoir la traduction et l'interprétation spécialisées de 2001 à 2021 ; iii. Chercher à savoir dans quelle mesure les universités offrant des études en traduction et en interprétation en Tanzanie favorisent la traduction spécialisée de 2001 à 2021. 2.3 Questions spécifiques Pour réaliser les objectifs spécifiques ci-dessus, cette étude sera guidée par les questions suivantes : i. Quelle est la place de la politique langagière dans la croissance de la traduction spécialisée en Tanzanie? ii. Dans quelle mesure les organismes professionnels ont encouragé la traduction et l'interprétation spécialisées en Tanzanie de 2001 à 2021 ? iii. Dans quelle mesure les universités offrant des études en traduction et en interprétation en Tanzanie favorisent la traduction et l'interprétation spécialisées de 2001 à 2021 ? 3. La revue littéraire 3.1 Aperçu des études de traduction L'histoire des études de traduction et d'interprétation remonte aux années 1940 et 1960, lorsque les universités des pays occidentaux ont commencé à offrir des cours de traduction. Ces universités comprennent l'École d'interprétation de l'Université de Genève en 1940, l'École d'interprétation de Vienne en 1943, et la Division d'interprétation et de traduction de l'Université de Georgetown fondée aux États-Unis en 1952 (Phelan, 2001 : 2). Parmi les autres écoles d'interprétation établies figurent l'Institut Supérieur d'Interprètes et de Traducteurs (ISIT) et l'École Supérieure d'Interprètes et de Traducteurs (ESIT) tous deux fondés à Paris en 1957, Westminster en 1965, Zurich en 1967 et l'École supérieure de traduction et d'interprétation de Monterey en 1968, tous visant à faire en sorte que la formation prépare les diplômés qui sont prêts à travailler d'une manière compétente et professionnelle pour le marché du travail (Phelan, 2001 : 3 ; Donovan, 2006 : 1). D'autres établissements supérieurs bien connues pour les études doctorales en traduction dans les pays occidentaux englobent l'Université Grenoble Alpes (UGA), Universite des Cultures Sorbonne Nouvelle, Universite de Montreal, etc. Aujourd'hui, les pays africains ont pris conscience de l'importance de la formation formelle et ont ainsi introduit des études de traduction dans leurs programmes à différents niveaux dans un très petit nombre d'universités en Afrique. Il s'agit notamment de l'Université de Buea la plus renommée pour son École Supérieure de Traducteurs et d'Interprètes (ASTI), de l'Université de Pretoria, l'Université de Wits, l'Université d'Afrique du Sud, l'Université d'Ain Shams, Université d'Alexandrie, la Universidad de Pedagógica à Maputo, l'Université du Ghana, l'Université Alzhar du Caire, l'Université de Nairobi, à l'Université internationale africaine, et l'Université Moi, pour n'en citer que quelques-unes. En Tanzanie, les cours de traduction sont offerts dans 13 universités y compris l'Université de Dar es Salaam, la plus ancienne du pays. Parmi ces universités, quatre sont publics et huit sont privées. Toutes ces universités offrent la traduction et/ou l'interprétation comme matière sauf l'Université Musulmane de Morogoro (MUM) qui offre la licence en traduction et en interprétation (Malangwa, 2012). Cette étude inclura, grace à l'échantillonnage raisonné, toutes les universités à condition qu'elles proposent des études de traduction et/ou d'interprétation. 3.2 Organismes professionnels en Afrique Les organismes professionnels sont très importantes dans le secteur car elles promeuvent l'éthique professionnelle parmi leurs membres; assurent une bonne qualité, avancent et défendent les droits et les intérêts des traducteurset des interprètes. À cet égard, le Cameroun a vu cette importance, grâce à la Commission de l'Union Africaine qui l'a choisie pour accueillir un centre thématique de formation des traducteurs et des interprètes de conférence dans le cadre de l'Université panafricaine (PAU). Jusqu'à présent, il existe quatre associations professionnelles sur le continent qui réglementent la profession : l'Association Professionnels de la traduction et de l'interprétation du Cameroun (APTIC), l'Institut des traducteurs sud-africains (SATI), l'Association des Interprètes et Traducteurs d'Afrique de l'Est (EAITA) et l'Association pour les Etudes de Traduction en Afrique (ATSA). Certains membres de ces associations sont affiliés à l'Association Internationale des Interprètes de Conférence (AIIC) et à l'Association Internationale des Traducteurs de Conférence (AITC). Par ailleurs, il existe le PAMCIT (Consortium panafricain des masters en interprétation et en traduction) qui est un réseau de cinq universités. Celui-ci a un rôle très important dans la formation des professionnels en Afrique (y compris la Tanzanie) depuis sa création le 2 mai 2012, sous les auspices de l'Union africaine, de la Commission européenne et les Nations Unies. Le programme PAMCIT, débuté en 2016, vise à former des traducteurs, des interprètes de conférence et de service public hautement qualifiés sur le sol africain et leur ouvre les portes de carrières internationales de haut niveau. Le PAMCIT envisage d'étendre son programme à d'autres universités africaines et de se concentrer davantage sur les langues africaines. (UN, 2017). Alors, cette étude actuelle prendra en charge six organismes professionnels : les deux associations qui réglementent la profession en Tanzanie (EAITA et ATSA), le PAMCIT mais aussi d'autres organismes qui protègent et les langues dans lesquelles il y a la traduction de français en anglais ou en kiswahili, etc. et vice-versa : l'Association de Kiswahili en Afrique de l'Est (CHAKAMA), le Conseil National de Kiswahili en Tanzanie (BAKITA), l'Institut de Recherche en Kiswahili (TUKI), l'Institut d'Etudes swahilies (TATAKI), et 10 organismes religieux (églises) qui interprètent dans leur prédication ou font la traduction dans leur documents. 3.3 Cadre théorique Le groupe de recherche PACTE, formé par Beeby, M. Fernández, O. Fox, A. Hurtado Albir, I. Kozlova, A. Kuznik, W. Neunzig, P. Rodríguez et L. Romero (2000) nous propose un modèle holistique de la compétence qui peut nous guider dans les études de traduction et d'interprétation. Le mot compétence est toujours difficile à définir. En bref, il s'agit d'un ensemble de connaissances, d'habiletés et d'attitudes efficaces (savoir-agir). Dans la compétence on a trois aspects: savoir-agir (la pratique), intégration (des habiletés cognitives, affectives, psychomotrices ou sociales et des connaissances) et contexte (Lasnier, 2000; Yániz et Villardón, 2006). Pour avoir une compétence, nous espérons que les universités aient une planification curriculaire par compétences dans la formation de traducteurs et d'interprètes. Pour avoir un curriculum complet, il faut non seulement des compétences spécifiques (disciplinaires) qui sont formulées à partir des connaissances et des habiletés spécifiques des pratiques professionnelles les plus communes de ce profil, mais aussi des compétences générales (transversales) qui s'appliquent à toutes les disciplines. Ces dernières se divisent en trois : compétences instrumentales, compétences interpersonnelles et compétences systémiques (González et Wagenaar, 2003). D'après ce modèle du groupe PACTE, la compétence en traduction ou interprétation est le système sous-jacent de connaissances déclaratives et essentiellement opérationnelles, nécessaires pour traduire ou interpréter. Encore, la compétence en traduction ou interprétation possède en outre quatre particularités : (1) c'est une connaissance experte que ne possèdent pas tous les bilingues; (2) c'est une connaissance essentiellement opérationnelle et non pas déclarative; (3) elle est constituée de plusieurs sous-compétences interconnectées (bilingue, extralinguistique, de connaissances en traduction, instrumentale ; stratégique); (4) la composante stratégique, comme pour toute connaissance opérationnelle, joue un rôle déterminant (pp 27 & 28). Dans ce modèle, la compétence en traduction est constituée de 5 sous-compétences: o Sous-compétence bilingue. Ce sont des connaissances pragmatiques et sociolinguistiques qui permettent la communication en deux langues. o Sous-compétence extralinguistique. Ce sont des connaissances biculturelles, encyclopédiques et thématiques, textuelles et lexico-grammaticales essentiellement déclaratives, implicites et explicites, sur le monde en général et dans des domaines particuliers. o Sous-compétence de connaissances en traduction[ou interprétation]. Connaissances comme extralinguistiques mais qui régissent la traduction et des aspects professionnels; o Sous-compétence instrumentale. Connaissances essentiellement opérationnelles concernant l'utilisation des sources de documentation et les technologies de l'information et de la communication (TIC) appliquées à la traduction; o Sous-compétence stratégique. Connaissances opérationnelles permettant l'efficacité du processus de traduction [ou interprétation] et la résolution des problèmes rencontrés. C'est celle-ci qui joue un rôle supérieur comme elle contrôle le processus de traduction [ou interprétation]et le reste des sous-compétences. Pour ajouter, un traduct.eur/trice professionnel-le doit avoir une compétence en traduction et/ou interprétation. Celle-ci est une connaissance opérationnelle (ou procédurale) : un savoir comment (et non pas un savoir quoi), qui s'acquiert par la pratique et qui est mis en œuvre essentiellement de manière automatique. Dans la compétence en traduction et/ou interprétation, il y a également une connaissance explicative, qui est en rapport avec savoir pour quoi et qui identifie les connaissances théoriques (Wellington, 1989 ; Pozo et Postigo, 1993). Encore, il y a une connaissance conditionnelle, qui est essentielle pour la didactique et qui consiste à savoir quand et pourquoi (Paris, Cross et Lipson, 1984; Schraw et Moshman, 1995). La compétence en traduction ou interprétation a également les composantes psychophysiologiques : des composantes cognitives et des aspects attitudinaux de toutes sortes, et des mécanismes psychomoteurs (mémoire, curiosité intellectuelle, persévérance, rigueur, esprit critique, créativité, raisonnement logique, etc.). Dans le modèle PACTE, l'acquisition de la compétence en traduction ou interprétation est un processus de reconstruction et de développement des sous-compétences de la compétence en traduction et des composantes psychophysiologiques. Cette acquisition est comprise comme un processus dynamique et en spirale, qui commence par une précompétence en traduction ou interprétation(connaissance novice) et finit par une CT (connaissance experte). Le modèle focalise sur le double cadre théorique : cadre traductologique (CT comme une connaissance experte qui comprend de différentes sous-compétences interconnectées) et cadre pédagogique (planifier les objectifs et les contenus en tenant compte des décisions sur la méthodologie et l'évaluation). 4. Enoncé du problème et justification La traduction et l'interprétation en Afrique de l'Est sont maintenant prises au sérieux en tant que professions, et de nombreux praticiens sont des indépendants en grande demande et dépendent beaucoup du marché privé pour leur subsistance (Chia, Suh, et Tene, 2009 : 16). La demande de traducteurs et d'interprètes est élevée dans les organisations internationales telles que l'Union africaine (UA) et ses organes, y compris le Parlement panafricain (PAP) et la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CAfDHP), la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC), les communautés économiques régionales (CER), la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les organisations non gouvernementales (ONG), les agences gouvernementales et les organisations de la société civile (Diriker, 2015 : 176). Bien qu'il existe des universités offrant des études de traduction et/ou d'interprétation, on sait peu de choses sur le niveau de traduction ou interprétation spécialisée (parfois technique, pragmatique, de langue à des fins spécifiques) dans leurs programmes, et l'on remarque aussi que les associations professionnelles ne semblent pas avoir clairement listé les traducteurs ou interprètes spécialisés dans des domaines pariculiers. 5. Importance de l'étude Cette étude sur la traduction et l'interprétation spécialisées en Tanzanie est nécessaire de plusieurs façons. Elle peut servir de catalyseur à d'autres études dans le domaine de la traduction et de l'interprétation spécialisées. Elle aidera également les universités et les organismes professionnels à ajouter plus de valeur et à promouvoir la traduction et l'interprétation spécialisées plus que jamais pour une précision optimale des performances. 6. Méthodologie 6.1 Zone d'étude Cette étude de cas sera réalisée en Tanzanie, elle englobera la Tanzanie continentale et les îles de Zanzibar. 6.2 Plan d'échantillonnage et la taille de l'échantillon Dans cette étude, 12 universités offrant des études de traduction/interprétation seront sélectionnées à dessein. L'étude impliquera un total de 68 répondants (N = 68) dont 2 chargés de cours de chaque université (n = 26), 15 traducteurs, 10 interprètes (n = 25), et un(e) responsable de chaque organisme professionnel (CHAKAMA, BAKITA, TUKI, TATAKI, EAITA, ATSA et PAMCIT) (n = 7), et 10 organismes religieux qui interprètent dans leur prédication ou font la traduction dans leur documents. 6.3 Méthodes de collecte de données Les données seront recueillies au moyen de questionnaires (professeurs, traducteurs et interprètes), d'entrevues semi-structurées (un dirigeant de chaque association), d'observations en classe au niveau universitaire. Ici les programmes d'enseignement de chaque université seront examinés pendant que l'enseignement de la traduction ou l'interprétation est observé à des fins de triangulation. Dix exigences définies par l'Association Internationale des Interprètes de Conférence (AIIC) et soulignées par Phelan (2001:184) seront utilisées pour évaluer la solidité des programmes d'études et l'efficacité de l'enseignement de la traduction dans les universités sélectionnées. 6.4 Analyse des données : L'analyse du contenu sera réalisée dans cette étude à l'aide de la version 16 du progiciel statistique pour les sciences sociales (SPSS). Un modèle de régression linéaire pourra être utilisé pour évaluer les liaisons éventuelles entre différentes variables. Références Byrne, J. (2014). A framework for the identification and strategic development of translation specialisms, Meta, 59(1): 124–139. Center for Health Literacy (2010). Translation: A must-have guide. USA: Maximus Inc. Chia, E. N., Suh, J.C., & Tene, A.N. (2009). Perspectives on Translation and Interpretation Diriker, E. (2015). ‘Conference Interpreting' in Mikkelson, Holy and Jourdenais, Renée (eds) (2015). In The Routledge Handbook of Interpreting. New York: Routledge. Gile, D. (1995). Basic Concepts and Models for Interpreter and Translator Training, Amsterdam : John Benjamins. González, J. & Wagenaar, R.(2003). Tuning educational structures in Europe.Final Report. Phase One. Bilbao, Universidad de Deusto. Gouadec, D. (2007). Translation as a profession. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins. Hunt, M., O'Brien, S., Cadiwel, P., and O'Mathúna, P. (2019). Ethics at the intersection of crisis translation and humanitarian innovation, Journal of Humanitarian Affairs, 1, (3): 23–32 Malangwa, P. (2012). Mchango, maendeleo na changamoto zinazokabili taaluma za tafsiri na ukalimani katika kiswahili, Université de Dar es Salaam,http://repository.udsm.ac.tz:8080/xmlui/handle/20.500.11810/4709 (visité le 16 novembre 2021) Nida, E.A, & Taber, C.R. (1969). The theory and practice of translation.UBS: Leiden. O'Brien, S. (2019). Translation Technology and Disaster Management, in O'Hagan, M. (ed), The Routledge Handbook of Translation and Technology (Abingdon: Routledge), 304–18. O'Mathúna, D. P. & Hunt, M. R. (2019). Ethics and crisis translation: Insights from the work of Paul Ricoeur, Disaster Prevention and Management: An International Journal, www.emerald.com/insight/content/doi/10.1108/DPM-01-2019-0006/full/html (visité le 26 mai 2020.) PACTE (2000). « Acquiring Translation Competence: Hypotheses and Methodological Problems in a Research Project ». In A. Beeby, D. Ensinger & M. Presas, dirs, Investigating Translation. Amsterdam, John Benjamins, pp. 99-106. Paris, S. 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Visité le 16 novembre 2021 sur https://unon.org/content/media-advisory-launch-website-pan-african-masters-consortium-interpretation-and-translation Vegliante, J-C. (1996). D'écrire la traduction, Paris, PSN

  • Titre traduit

    Contribution of universities and professional bodies to specialised translation and interpretation in Tanzania from 2001 to 2021


  • Résumé

    Contribution of universities and professional bodies to specialized translation and interpreting in Tanzania from 2001 to 2021 1. Definitions of Key Words In this part, it is important to define the closest terms (synonyms) and especially those which are used interchangeably even by natives: translation and interpretation or translator and interpreter. More precisely, they often tend to confuse translation and interpretation. For them, a translator is an interpreter and vice versa because the mastery of foreign languages and the idea of translating a message are the common points between these two professions. 1.1 Translation Professionally, the word “translation” refers to the conversion of written text from one language (source) into another (target) one so that the new translated text reflects the content (message and meaning) of the original text and the corresponding cultural perceptions and customs of the target audience (Center for Health Literacy, 2010: 1). Translators must have a solid technical knowledge and mastery of the jargon in both languages (the source language but also the target language). Likewise, they must have eagle's eyes or bionic vision. Not only that but also, translators must have training in computer assisted tools (CAT) such as terminology tools, automatic recall software, computer-assisted analysis, machine translation software and correction aids to produce long translations. According to Nida and Taber (1969), translation consists denotes reproducing in a target language the closest natural equivalent of the message of the source language first in terms of meaning and then in terms of class. This definition is linked to this study because it concerns the process but also it integrates both written and oral forms - which is the main focus of this study. In the labour market, there are roughly two types of translation: literary translation, which concerns novels, poems and other types of texts in the literary field, and technical translation (Vegliante, 1996). This study will focus on the latter as it is the one which is called “specialised” and which the majority of Tanzanian translators do in several contexts. 1.2 Interpreting With regard to interpreting, this involves changing the language orally contrary to the translation which is done in writing (Nolan, 2010). It is a language activity consisting of rendering, orally, [or as a sign,] in a given language, what has been communicated in another language while preserving the register and the meaning of the content of the source text. It accounts for each manifestation of meaning of the original language, of each intonation, of every hesitation, every breath of speech (Seleskovitch, 1985). Interpreters should not only interpret quickly and respond to meaning, but also include the tone and intent of the original message in the target language and uphold the ethics and standards of professional practice. In addition, professional interpreters must have sharp listening skills or extraordinary sense of hearing. Generally, there are two types of interpreting: simultaneous and consecutive. Simultaneous interpreting is often used in multicultural and multilingual meetings or conferences. Interpreters are usually seated in soundproof interpretation booths and transmit the source text, allowing the entire audience to understand what is being said in almost real time; always maintaining the tone, message and culture of the source language or the speaker to capture all the nuances and subtleties. In fact, to perform simultaneous is to hear the thoughts of others instead of one's own, and at the same time it is to speak spontaneously (Seleskovitch, 1985; Gile, 1995). In this type of interpreting, at least two interpreters are needed per language pair who must alternate (every quarter of an hour, or even half an hour, depending on the decision of the interpreters) to maintain the quality of their service. Consecutive interpreting is generally used in visits and short interventions such as table speeches, welcoming remarks, business negotiations and bilateral dialogues. The interpreter takes notes when the speaker intervenes and translates them in the other language when the speaker stops or at the end of the speech. Primarily, this technique does not require technical equipment. The note thus becomes the aide-memoire which brings back the memory of what was understood during the listening (Seleskovitch, 1968). This study will deal with these two main types of interpreting and ignore sub-types such as sign interpretingn, sight translation, telephone interpreting, whispering and bidule interpreting. 1.3 Specialised Translation and Interpreting As hinted earlier the difference between translation and interpretation, now we can see both in the more specificity. Specialised translation [or interpreting] is a term and concept used to denote a translation which requires special knowledge in a field which would not normally be part of a translator's knowledge and in this field the translator must have or acquire a certain mastery of very advanced concepts in the relevant field, even if the level of practitioners in the respective field remains in theory higher than that required to translate specialised texts (Gouadec, 2007). In this case, specialised translation and interpreting require precise and extensive knowledge in a particular profession. A thorough understanding of a text is necessary, because translation or interpreting is not simply to replace or reformulate words in one language (source language) with words in another language (target language) but to produce an almost similar text in a different language to speak to people's hearts. Specialised areas of translation and interpretation include medicine, law, finance, environmental sciences, tourism, administration, politics, international relations and diplomacy, agriculture and information technology. To realise specialised translation or interpreting, it is essential to master the jargon of the field and to use the right terms; a translation or interpreting which does not reflect the current use of neologism and evolution of the language of specialty could be imprecise, even incorrect, and could not interest its readers or listeners. Here there is no margin for error, especially in the case of translation or legal interpreting. It can highly cost! This is the reason why specialised translators and interpreters may charge higher prices for their work (Gouadec, 2007; Byrne, 2014). In this case, this study seeks to know the areas of specialisation of translators and interpreters in Tanzania, their language pairs, types of translation and / or interpreting they perform, and the place of policy, universities and professional bodies in improving translation and interpreting in Tanzania from 2001 to 2021. 2 Objectives 2.1 Main Objective: The main objective of this study is to assess the contribution of universities and professional bodies to the development of specialised translation and interpreting in Tanzania from 2001 to 2021. 2.2 Specific Objective: To realise the main objective, this study will be guided by four specific objectives, namely: i. To assess the place of language policy in the growth of specialized translation and interpretation in Tanzania; ii. To determine the measures taken by professional bodies to support and promote specialised translation and interpreting in Tanzania from 2001 to 2021; iii. To investigate the extent to which universities offering translation and interpretation studies in Tanzania promote specialist translation from 2001 to 2021. 2.3 Specific Questions To achieve the specific objectives above, this study will be guided by the following questions: i. What is the place of language policy in the development of specialised translation in Tanzania? ii. To what extent have professional bodies supported specialised translation and interpreting in Tanzania from 2001 to 2021? iii. To what extent do universities offering translation and interpretation studies in Tanzania promote specialised translation and interpreting from 2001 to 2021? 3. Literature Review 3.1 Overview on translation studies The history of translation and interpretation studies dates back to the 1940s and 1960s, when universities in Western countries began offering translation courses. These universities include the School of Interpretation of the University of Geneva in 1940, the Vienna School of Interpretation in 1943, and the Interpretation and Translation Division of Georgetown University founded in the United States in 1952 (Phelan, 2001: 2). Other established interpretation schools include the Higher Institute of Translators and Interpreters (ISIT) and the Higher School of Interpreters and Translators (ESIT) both founded in Paris in 1957, Westminster in 1965, Zurich in 1967 and the Monterey Graduate School of Translation and Interpretation in 1968, all aimed at ensuring that the training prepares graduates who are ready to work competently and professionally for the job market (Phelan, 2001: 3; Donovan, 2006: 1). Other well-known higher institutions for doctoral studies in translation in Western countries include the University of Grenoble Alpes (UGA), Sorbonne Nouvelle University of Cultures, University of Montreal, etc. Today, African countries have realised the importance of formal training and have thus introduced translation and interpretation studies into their curricula at various levels in a very small number of universities in Africa. These include University of Buea most renowned for its Graduate School of Translators and Interpreters (ASTI), University of Pretoria, University of Wits, the University of South Africa, Ain Shams University, Alexandria University, Pedagogical University in Maputo, University of Ghana, Alzhar University in Cairo, University of Nairobi, African International University, and Moi University, to name a few. In Tanzania, translation and interpretation courses are offered in 13 universities including the University of Dar es Salaam, the oldest in the country. Of these universities, four are public and eight are private. All of these universities offer translation and / or interpreting as a course except the Muslim University of Morogoro (MUM) which offers Bachelor's degree in Translation and Interpretation (Malangwa, 2012). This study will purposively include all universities provided they offer translation and / or interpretation studies. 3.2 Professional Bodies in Africa Professional bodies are very important in the sector because they promote professional ethics among their members; ensure good quality, advance and defend the rights and interests of translators and interpreters. In this regard, Cameroon saw this importance, thanks to the Commission of the African Union which chose it to host a thematic centre for the training of translators and conference interpreters within the framework of the Pan African University (PAU). So far, there are four professional associations on the continent that regulate the profession: the Professional Association of Translation and Interpretation of Cameroon (APTIC), South African Translators Institute (SATI), East Africa Association of Interpreters and Translators (EAITA) and the Association for Translation Studies in Africa (ATSA). Some members of these associations are affiliated with the International Association of Conference Interpreters (AIIC) and the International Association of Conference Translators (AITC). Additionally, there exists the Pan-African Consortium of Masters in Interpretation and Translation (PAMCIT) which is a network of five universities. It has had a very important role in the training of professionals in Africa (including Tanzania) since its creation on May 2, 2012, under the auspices of the African Union, the European Commission and the United Nations. The PAMCIT programme, which started in 2016, aims to train highly qualified translators, conference interpreters and public service interpreters on African soil and opens the doors to high-level international careers. PAMCIT plans to expand its programme to other African universities and focus more on African languages (UN, 2017). Now, this current study will support six professional bodies: the two associations that regulate translators and interpreters in Tanzania (EAITA and ATSA), PAMCIT but also other bodies that protect and the languages in which there is translation from French into English or Kiswahili, etc. and vice versa: the Kiswahili Association in East Africa (CHAKAMA), National Council Kiswahili (BAKITA), Institute of Kiswahili Research (TUKI), Institute of Kiswahili Studies (TATAKI), and 10 religious organizations (churches) which interpret in their preaching or translate into their documents. 3.3 Theoretical Framework The PACTE research group, formed by Beeby, M. Fernández, O. Fox, A. Hurtado Albir, I. Kozlova, A. Kuznik, W. Neunzig, P. Rodríguez and L. Romero (2000) offers us a holistic model competence that can guide us in translation and interpretation studies. The word competence is always difficult to define. In short, it is a set of knowledge, skills and effective attitudes (knowing how to act). There are three aspects to competence: knowing how to act (practice), integration (cognitive, affective, psychomotor or social skills and knowledge) and context (Lasnier, 2000; Yániz and Villardón, 2006). To have competence, it is expected that universities have a competence-based curriculum planning in the training of translators and interpreters. To have a complete curriculum, you not only need specific (disciplinary) skills which are formulated from the specific knowledge and skills of the most common professional practices of this category, but also general (crosscutting) skills that apply to all disciplines. These can be divided into three: instrumental skills, interpersonal skills and systemic skills (González and Wagenaar, 2003). According to this model from the PACTE group, competence in translation or interpretation is the underlying system of declarative and essentially operational knowledge needed to translate or interpret. Again, competence in translation or interpretation has four additional characteristics: (1) it is the expert knowledge that not all bilinguals have; (2) it is essentially operational knowledge and not declarative; (3) it is made up of several interconnected sub-skills (bilingual, extralinguistic, translation knowledge, instrumental; strategic); (4) the strategic component, as with all operational knowledge, plays a vital role (pp 27 & 28). In this model, translation [or interpretation] skills are made up of 5 sub-skills: o Bilingual sub-competence. It is pragmatic and sociolinguistic knowledge that allows communication in two languages. o Extralinguistic sub-competence. It is bicultural, encyclopedic and thematic, textual and lexico-grammatical knowledge which is essentially declarative, implicit and explicit, globally and in particular fields. o Translation [or interpretation] knowledge sub-skill. Knowledge as extralinguistic but which governs translation or interpretation and professional aspects; o Instrumental sub-competence. Mainly operational knowledge concerning the use of documentation sources and information and communication technologies (ICT) applied to translation [or interpretation]; o Strategic sub-competence. Operational knowledge allowing the efficiency of the translation [or interpretation] process and the resolution of problems encountered. It is this that plays a higher role as it controls the translation [or interpretation] process and the rest of other sub-skills. However, a professional translator or interpreter must have translation or interpretation skills. This is operational (or procedural) knowledge: knowing how (and not knowing what), which is acquired through practice and which is implemented essentially automatically. In translation competence, there is also explanatory knowledge, which relates to knowing for what and which identifies theoretical knowledge (Wellington, 1989; Pozo and Postigo, 1993). Again, there is conditional knowledge, which is essential for didactics and which consists of knowing when and why (Paris, Cross and Lipson, 1984; Schraw and Moshman, 1995). Competence in translation or interpretation also has psychophysiological components: cognitive components and attitudinal aspects of all kinds, and psychomotor mechanisms (memory, intellectual curiosity, perseverance, rigor, critical thinking, creativity, logical reasoning, etc.). In this PACTE model, the acquisition of competence in translation or interpreting is a process of reconstruction and development of the sub-competences of competence in translation or interpretation and of the psychophysiological components. This acquisition is understood as a dynamic and spiral process, which begins with a pre-competence in translation (novice knowledge) and ends with a TC (expert knowledge). The model focuses on the dual theoretical framework: translatological framework (as an expert knowledge that includes different interconnected sub-skills) and educational framework (planning objectives and content taking into account decisions on methodology and assessment). 4. Problem Statement and Justification Translation [and interpretation] in East Africa are now taken seriously as professions, and many practitioners are freelancers in high demand and heavily dependent on the private market for their livelihoods (Chia, Suh, & Tene, 2009: 16). The demand for translators and interpreters is high in international organizations such as the African Union (AU) and its organs, including the Pan-African Parliament (PAP) and the African Court on Human and Peoples' Rights (the Court), the Southern African Development Community (SADC), regional economic communities (RECs), the Economic Community of West African States (ECOWAS), non-governmental organisations (NGOs), government agencies and civil society organisations (CSOs) (Diriker, 2015: 176). Although there are universities offering translation and or interpretation studies, little is known about the level of specialised translation or interpretation (sometimes technical, pragmatic, language for specific purposes) in their programmes, and it is also noted that professional associations do not seem to have clearly listed translators or interpreters specialising in particular fields. 5. Significance of the Study This study on specialised translation and interpretation in Tanzania is needed in several ways. It can serve as a catalyst for further studies in the field of specialised translation and interpretation. It will also help universities and professional bodies add more value and promote specialised translation and interpretation more than ever for optimal performance accuracy. 6. Methodology 6.1 Study Area This case study will be carried out in Tanzania, it will encompass mainland Tanzania and the islands of Zanzibar. 6.2 Sampling Design and sample size In this study, 12 universities offering translation and/ or interpretation studies will be purposively selected. The study will involve a total of 68 respondents (N = 68): two lecturers from each university (n = 26), 15 translators, 10 interpreters (n = 25), and one head of each professional body (CHAKAMA, BAKITA , TUKI, TATAKI, EAITA, ATSA and PAMCIT) (n = 7), and 10 religious organisations that interpret in their sermons or translate in their documents. 6.3 Methods of Data Collection Data will be collected through questionnaires (lecturers, translators and interpreters), semi-structured interviews (one leader from each association), and classroom observations at the university level. Here the curricula of each university will be reviewed while the teaching of translation or interpretation is observed for triangulation purposes. Ten requirements defined by the International Association of Conference Interpreters (AIIC) and highlighted by Phelan (2001: 184) will be used to assess the strength of study programmes and the effectiveness of translation and interpretation knowledge in the selected universities. 6.4 Data Analysis: Content analysis will be applied in this study using Statistical Package for Social Sciences (SPSS) version 16. A linear regression model can be used to assess possible links between different variables. References Byrne, J. (2014). A framework for the identification and strategic development of translation specialisms, Meta, 59(1): 124–139. Center for Health Literacy (2010). Translation: A must-have guide. USA: Maximus Inc. Chia, E. N., Suh, J.C., & Tene, A.N. (2009). Perspectives on Translation and Interpretation Diriker, E. (2015). ‘Conference Interpreting' in Mikkelson, Holy and Jourdenais, Renée (eds) (2015). In The Routledge Handbook of Interpreting. New York: Routledge. Gile, D. (1995). Basic Concepts and Models for Interpreter and Translator Training, Amsterdam : John Benjamins. González, J. & Wagenaar, R.(2003). Tuning educational structures in Europe. Final Report. Phase One. Bilbao, Universidad de Deusto. Gouadec, D. (2007). Translation as a profession. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins. Hunt, M., O'Brien, S., Cadiwel, P., and O'Mathúna, P. (2019). Ethics at the intersection of crisis translation and humanitarian innovation, Journal of Humanitarian Affairs, 1, (3): 23–32. Malangwa, P. (2012). Mchango, maendeleo na changamoto zinazokabili taaluma za tafsiri na ukalimani katika kiswahili, Université de Dar es Salaam. Available at http://repository.udsm.ac.tz:8080/xmlui/handle/20.500.11810/4709 (visited on 16 November 2021) Nida, E.A, & Taber, C.R. (1969). The theory and practice of translation.UBS: Leiden. O'Brien, S. (2019). Translation Technology and Disaster Management, in O'Hagan, M. 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