Thèse soutenue

Contributions de la finance comportementale à l’étude des politiques de dividende et de rachat d’actions : rôle des biais managériaux et du comportement des investisseurs dans les entreprises françaises cotées

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Auteur / Autrice : Mohammed Amine Rharbi
Direction : Sami Ben Larbi
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de gestion
Date : Soutenance le 07/11/2025
Etablissement(s) : Toulon
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés méditerranéennes et sciences humaines (Toulon ; 2008-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'études et de recherche en gestion d'Aix-Marseille
Jury : Président / Présidente : Nathalie Richebé
Examinateurs / Examinatrices : Jihène Meniaoui
Rapporteurs / Rapporteuses : Éric Séverin, Guillaume Pijourlet
DOI : 10.70675/7e1d62c3z14cbz494dzbe8cze24e16a08e79

Résumé

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Cette thèse analyse les politiques de distribution des entreprises françaises cotées à la lumière de la finance comportementale, en considérant conjointement les dividendes et les rachats d’actions. Ces deux instruments, au cœur des décisions financières et des stratégies de création de valeur, ont longtemps été interprétés à travers les modèles néoclassiques fondés sur la rationalité parfaite et l’efficience des marchés. Or, ces approches traditionnelles peinent à expliquer certaines régularités observées, telles que la rigidité des dividendes, les réactions asymétriques des investisseurs ou le recours stratégique aux rachats d’actions. Face à ces limites, la recherche adopte une perspective comportementale intégrant les attentes des investisseurs et les biais psychologiques des dirigeants dans la compréhension des décisions de distribution. Trois questionnements guident l’analyse : les entreprises françaises répondent-elles aux préférences des investisseurs ? Dans quelle mesure l’excès de confiance managériale influence-t-il les dividendes et les rachats ? Et enfin, comment des biais tels que l’aversion à l’ambiguïté, à la perte ou au risque affectent-ils ces décisions ? Les analyses empiriques reposent sur un panel d’entreprises françaises cotées. Des méthodologies économétriques complémentaires sont mobilisées : régressions logistiques, moindres carrés généralisés (GLS) et modèles GMM dynamiques, afin d’assurer la robustesse et de traiter les problèmes d’endogénéité. La thèse introduit également des indicateurs innovants adaptés au contexte français, tels que les Dividend Premium, Repurchase Premium et Difference Premium, ainsi que des proxys comportementaux comme la dispersion des prévisions d’analystes et les coûts anormaux. Les résultats du premier volet contredisent la théorie du Catering, indiquant que la demande des investisseurs n’exerce pas d’influence significative sur les décisions de distribution. Le second met en évidence un effet négatif de l’excès de confiance des dirigeants sur les dividendes et les rachats, en cohérence avec la théorie de l’agence. Enfin, le troisième confirme que les biais comportementaux – aversion à l’ambiguïté, aux pertes et au risque – ont également un impact négatif sur ces politiques. Ainsi, les comportements managériaux apparaissent comme des déterminants majeurs, reléguant au second plan la pression externe des investisseurs. Ces résultats soulignent la nécessité d’intégrer la dimension psychologique dans les mécanismes de gouvernance et de décision financière. Sur le plan académique, la thèse contribue à enrichir la finance comportementale d’entreprise dans un contexte institutionnel français encore peu exploré. Sur le plan managérial, elle suggère l’importance de dispositifs de gouvernance attentifs aux biais cognitifs afin de favoriser une création de valeur durable.