Quantification et caractérisation de l'incertitude de segmentation d'images médicales pardes réseaux profonds
| Auteur / Autrice : | Benjamin Lambert |
| Direction : | Michel Dojat |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Modèles, méthodes et algorithmes en biologie, santé et environnement |
| Date : | Soutenance le 16/05/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale ingénierie pour la santé, la cognition, l'environnement (Grenoble, Isère, France ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut des neurosciences de Grenoble (Isère, France ; 2007-....) |
| CIFRE : Pixyl | |
| Jury : | Président / Présidente : Olivier François |
| Examinateurs / Examinatrices : Pierrick Coupé, Julien Mairal, Christian Baumgartner | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Maria Alejandra Zuluaga Valencia, Ninon Burgos | |
| DOI : | 10.70675/a043da9aze69dz4ea2z978dzcd9a570ce0a7 |
Résumé
Ces dernières années, les algorithmes d'intelligence artificielle ont démontré des performances exceptionnelles dans de nombreuses tâches, incluant la segmentation et classification d'images médicales. La segmentation automatique des lésions dans des IRMs du cerveau permet une quantification rapide de la progression de la maladie : un compte des nouvelles lésions, une mesure du volume lésionnel total et une description de la forme des lésions. Cette analyse peut ensuite être exploitée par le neuro-radiologue qui peut s'en servir pour adapter le traitement thérapeutique si nécessaire. Cela permet de rendre la décision médicale plus rapide et plus précise.Actuellement ces algorithmes, que l'on considère souvent comme des boîtes noires, produisent des prédictions sans aucune information concernant leur certitude. Cela empêche la pleine adoption des algorithmes d'intelligence artificielle dans les domaines sensibles, car ils ont en effet tendance à produire des erreurs avec une grande confiance, pouvant tromper les décideurs humains. Identifier et comprendre les causes de ces échecs est un élément clé pour maximiser l'utilité des algorithmes d'intelligence artificielle et permettre leur acceptation au sein du corps médical. Pour atteindre ce but, il est important de pouvoir distinguer entre les deux principales sources d'incertitude. Tout d'abord, l'incertitude aléatoire, qui correspond à l'incertitude liée au bruit intrinsèque de l'image, et les artefacts d'acquisition. Ensuite, l'incertitude épistémique, qui a attrait au manque de connaissance du modèle.L'objectif conjoint de Pixyl et du GIN est d'atteindre une meilleure identification des sources d'incertitude dans les réseaux de neurones profonds, et par conséquent développer de nouvelles méthodes pour estimer cette incertitude dans le cadre d'une utilisation clinique routinière et en temps réel.Dans le cadre de la segmentation d’images médicales, l’estimation de l’incertitude est pertinente à plusieurs échelles. Tout d’abord, à l’échelle du voxel, l’incertitude peut être quantifiée par le biais de cartes d’incertitude. Cela permet de superposer l’image, sa segmentation et la carte d’incertitude pour visualiser les régions incertaines. Ensuite, pour les pathologies comme la Sclérose-en-Plaques, l’attention du radiologue se situe à l’échelle de la lésion plutôt que du voxel. L’estimation d’incertitude structurelle, c’est-à-dire à l’échelle de la lésion, permet au radiologue de rapidement contrôler les lésions incertaines qui peuvent être des faux positifs. Troisièmement, des métriques haut-niveau comme le volume ou le nombre de lésions sont couramment extraites des segmentations. Être capable d’associer à ces métriques des intervalles prédictifs est important pour que le clinicien puisse prendre en compte cette incertitude dans son analyse. Pour finir, l’incertain peut être quantifiée à l’échelle de l’image entière, par exemple pour détecter les images hors-distributions qui présentent une anomalie importante pouvant biaiser leur analyse.Dans cette thèse, des outils de quantification d’incertitude opérant à chacun de ces niveaux sont développés. Plus généralement, les méthodes désirées et attendues devront permettre à Pixyl d'améliorer ces modèles, services et produits actuels. Pour l'application clinique, le temps d'inférence est particulièrement critique : l'assistance à la prise de décision est utile seulement si elle est suffisamment rapide pour être appliquée pendant la consultation du patient (c'est-à-dire en moins de 5 minutes). De plus, les solutions innovantes devront maintenir un haut niveau de performance même appliquée sur de petites bases de données d'image, ce qui est généralement le cas dans le domaine médical.