Thèse soutenue

Étude contrastive de la phraséologie des noms d’éléments du corps en coréen et en français

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Auteur / Autrice : Mi Hyun Kim
Direction : Alain PolguèreSeong-Heon Lee
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du Langage
Date : Soutenance le 17/02/2017
Etablissement(s) : Université de Lorraine
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale SLTC - Sociétés, Langages, Temps, Connaissances (Lorraine)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Analyse et traitement informatique de la langue française (Nancy)
Jury : Président / Présidente : Eric Laporte
Examinateurs / Examinatrices : Agnès Tutin, Jin-Ok Kim, Mathilde Dargnat, Gaston Gross
Rapporteurs / Rapporteuses : Eric Laporte

Résumé

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L’hypothèse sur laquelle repose notre travail est que la comparaison de la lexicalisation des noms d’éléments du corps (dorénavant, NEC) et de la phraséologie des NEC entre deux langues va permettre de mettre en évidence des différences de conceptualisation et de culture entre deux sociétés. En fonction de cette hypothèse, notre thèse aborde deux thèmes principaux. Premièrement, nous étudions les NEC coréens (dorénavant, NECC) en nous focalisant sur les noms neutres d’éléments externes du corps humain. Les NECC ont des caractéristiques universelles : richesse lexicale, éléments du vocabulaire basique, source de l’« embodiment », universel physio-conceptuel et nature de quasi-prédicats sémantiques. En même temps, les NECC montrent des particularités sémantiques, syntaxiques et morphologiques liées aux spécificités de la langue coréenne. La comparaison de la lexicalisation des NECC et des NEC français montre que même si les éléments du corps sont des universels physio-conceptuels, il n’y a pas de correspondance lexicale univoque entre les deux langues. Deuxièmement, nous focalisons notre attention sur la phraséologie des NECC et sa modélisation dans le Réseau Lexical du Coréen, une modélisation lexicographique formelle fondée sur une conception relationnelle du lexique. Nous bornons la phraséologie des NECC aux collocations contrôlées par les NECC (par ex. koga oddukhada, litt. nez+SUB être.haut ‘avoir un nez haut et beau’). Dans la phraséologie des NECC, nous prenons aussi en compte la phraséologisation dans un mot-forme (par ex. napjakko, ‘nez aplati’). Nous appelons collocation morphologisée ce type de phrasème morphologique par opposition à la collocation lexicale. À partir de l’examen des collocations non seulement lexicales mais aussi morphologisées contrôlées par NEC, nous pouvons obtenir les composantes sémantiques de la définition de la base, le NEC. Après cela, nous proposons un patron universel de définition des NEC, qui est le fondement du modèle explicatif de la phraséologie des NEC. Ce modèle s’appuie sur l’hypothèse selon laquelle on peut trouver dans les définitions des NEC des composantes récurrentes. Différentes collocations (du type Magn, Ver, Bon, Real1, en termes de fonctions lexicales de la Théorie Sens-Texte) sont alors générées relativement au sémantisme de ces composantes. Finalement, nous comparons la description de la phraséologie des NECC à celle des NEC français, afin d’observer les diverses non-correspondances entre les phrasèmes des deux langues. Ce travail approfondit notre compréhension de la phraséologie aussi bien en général, qu’en tant qu’elle est appliquée au coréen et au français, et met en relief des différences culturelles encodées dans les deux langues. Il peut également trouver des applications en didactique et en traductologie.