Thèse soutenue

Modélisation graphique de la biodisponibilité des métaux pour le ver de terre

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Auteur / Autrice : Léa Beaumelle
Direction : Isabelle Lamy
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de l'Environnement
Date : Soutenance le 07/11/2014
Etablissement(s) : Paris, AgroParisTech
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole doctorale Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement, Santé (Paris ; 2000-2015)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Unité PESSAC (Physicochimie et Ecotoxicologie des SolS d'Agrosystèmes Contaminés) - INRA UR251 - Physicochimie et Ecotoxicologie des SolS d'Agrosystèmes Contaminés / PESSAC
Jury : Président / Présidente : Alexandre Péry
Examinateurs / Examinatrices : Isabelle Lamy, Johanne Nahmani, Mickaël Hedde
Rapporteurs / Rapporteuses : Erik Smolders, Rodolphe Gilbin

Résumé

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Evaluer le risque environnemental que représente la contamination du sol par des éléments en trace métalliques est un enjeu important. Lorsque l'on cherche à faire le lien entre l'exposition aux métaux et ses impacts sur un organisme, il est nécessaire de prendre en compte la biodisponibilité du contaminant plutôt que sa teneur totale dans le sol. Cependant, la biodisponibilité est un concept dont il est difficile de rendre compte par une unique mesure chimique ou biologique. Dans la littérature, les indicateurs les plus utilisés ne sont en fait pas hiérarchisés, apparaissent non génériques, et leur analyse peut être faussée par des facteurs confondants. La biodisponibilité peut être décrite comme un processus à trois étapes : (i) la disponibilité des métaux dans le sol, (ii) leur absorption par l'organisme et (iii) les effets des métaux sur l'organisme. La modélisation graphique (tel que le SEM: modèle par équations structurelles) représente un cadre d'analyse pertinent pour tester les hypothèses de causalité qui sous-tendent cette définition et à terme parvenir à identifier des jeux d'indicateurs pertinents pour mesurer la biodisponibilité. Dans cette thèse, un modèle SEM décrivant la biodisponibilité des métaux pour le ver de terre a été développé. Pour le tester, nous avons réalisé une expérience d'exposition de vers de terre en conditions contrôlées. L'espèce de ver Aporrectodea caliginosa a été choisie car elle est fréquemment trouvée dans les sols tempérés. Nous avons de plus vérifié sa représentativité quant à la bioaccumulation des métaux en la comparant à d'autres espèces à partir des données de la littérature. Un large panel de sols contaminés in situ et non contaminés a été choisi afin de créer un gradient d'exposition réaliste aux métaux (Cd, Pb et Zn). La disponibilité des métaux dans le sol a été mesurée par des méthodes expérimentales (extractions) et théoriques (modélisation). Les métaux absorbés par les animaux ont été quantifiés après exposition dans les vers entiers et dans trois fractions subcellulaires. Enfin des biomarqueurs de différents niveaux d'organisation biologique ont permis d'évaluer les effets des métaux sur les vers de terre. Nos résultats montrent que les relations entre indicateurs considérés individuellement étaient dépendantes de l'indicateur et du métal considéré. De plus, nous avons montré les difficultés qui émergent lorsque l'on cherche à relier indicateurs chimiques et biologiques de biodisponibilité dans des sols modérément contaminés par plusieurs métaux. Enfin, le modèle SEM a été confronté aux données et a permis d'identifier des jeux d'indicateurs chimiques et biologiques qui vérifiaient les hypothèses d'une chaîne de causalité entre disponibilité, absorption et effets, et ce dans le contexte de sols faiblement contaminés in situ. Cette étude montre la pertinence de l'approche SEM qui permet d'aller au-delà de mesures uniques représentant imparfaitement le concept de biodisponibilité et de fournir un cadre d'analyse synthétique pour évaluer la biodisponibilité dans un contexte environnemental réaliste.