Thèse soutenue

Autorité, justices et droit en pays de marches séparantes : l'île de Bouin (XVIe-XVIIIe siècles)

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Auteur / Autrice : François-Xavier Brochard
Direction : Pierre-Yannick Legal
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire du droit
Date : Soutenance en 2010
Etablissement(s) : Nantes
Partenaire(s) de recherche : Autre partenaire : Faculté de droit et des sciences politiques (Nantes)

Mots clés

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Résumé

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La présente étude s’intéresse aux mécanismes d’intégration et de normalisation mis en œuvre, entre le XVIe et le XVIIIe siècles, dans un espace marqué par de forts particularismes institutionnels: l’île de Bouin. Située en baie de Bourgneuf, aux confins de la Bretagne et du Poitou, Bouin connut l’original statut des Marches communes, en vertu duquel l’île était réputée appartenir aux deux provinces limitrophes, subir l’autorité concurrente de deux seigneurs, l’un breton, l’autre poitevin, former un ressort commun aux justices des deux provinces et relever tout autant de la coutume bretonne que de celle du Poitou. Le statut « marcheton » comprenait aussi des franchises et des libertés très avantageuses, qui, dans le cas de Bouin, s’ajoutaient à celles d’« isle de mer ». En montrant comment l’autorité publique s’est organisée et exercée en l’île compte tenu des contraintes inhérentes à l’insularité et au statut marcheton, il est possible d’apporter un éclairage intéressant sur la réalité de la centralisation monarchique. L’histoire de Bouin témoigne en effet de ce que l’édification de la frontière de mer et la soumission à l’ordre étatique de communautés bordières traditionnellement indociles ont été obtenues par l’usage du compromis, le maintien des privilèges, le concours de puissants seigneurs et l’utilisation des institutions seigneuriales, bien davantage que par l’implantation d’agents royaux ou la remise en cause de l’autonomie locale. Dans le cas de Bouin tout particulièrement, l’antique institution de la justice seigneuriale est demeurée un instrument privilégié d’administration locale et le vecteur d’une normalisation restée néanmoins imparfaite.