Thèse soutenue

Histoire de la taxidermie en France (1729-1928) : Étude des facteurs de ses évolutions techniques et conceptuelles, et ses relations à la mise en exposition du spécimen naturalisé

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Auteur / Autrice : Amandine Péquignot
Direction : Michel Van-Praët
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Muséologie des sciences naturelles et humaines
Date : Soutenance en 2003
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la nature et de l'Homme - Évolution et écologie (Paris1995-....)
Jury : Président / Présidente : Michel Tranier
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Marc Drouin, Bertrand Lavédrine
Rapporteurs / Rapporteuses : Maryline Coquidé-Cantor, Jean-Pierre Mohen

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Depuis son origine (XVIIIe siècle), la taxidermie montre une grande variété technique dans les différentes opérations conduisant d'un individu vivant à la réalisation d'un spécimen naturalisé. La conservation est assurée par des produits de tannage ou '' préservatifs '', recettes réunissant dans un premier temps des plantes et des aromates au XVIIIe siècle. La création du savon arsenical au milieu du XVIIIe siècle par Jean-Baptiste Bécoeur, est une révolution associant arsenic, camphre, sel de tartre, savon et chaux. A partir du XIXe siècle, les formules incorporent des produits d'origine animale et minérale qui conjointement permettent une meilleure conservation des spécimens naturalisés. Le montage des spécimens, dans le cas particulier des oiseaux et des mammifères, emploie essentiellement une armature en fils de fer associée à un bourrage adapté à la taille du spécimen (chanvre, étoupe, foin, paille, tissu, bois). Mais cette technique trouve des limites dans le cas de grands spécimens, notamment les mammifères. Le mannequin est alors employé, contrairement à ce qui était mentionnée jusqu'ici, dès le XVIIIe siècle même s'il prend tout son ampleur au cours du XIXe siècle, avec différentes améliorations tant sur le plan de l'armature que le bourrage. L'analyse de ces spécimens naturalisés par radiographie ou démontage et le croisement de ces observations avec des informations bibliographiques permettent un regard plus large sur l'objet et son contexte (technique, scientifique et muséographique). Les spécimens naturalisés répondent à différentes formes de présentation, liées à leurs emplois dans les musées d'histoire naturelle depuis le XVIIIe siècle. Leur statut varie et fluctue entre objets de curiosité pour les naturalistes-amateurs du XVIIIe siècle et matériel de recherche en systématique pour les scientifiques du XIXe siècle voire support didactique dans les dioramas pour le public à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle. L'étude des spécimens permet de mettre en avant une évolution de leur présentation dans les musées d'histoire naturelle, se traduisant par une mise en scène de l'animal dans des postures naturelles. Le spécimen naturalisé est au centre d'un processus complexe (sa création, son utilisation scientifique et son exposition) ; il constitue de ce fait une source à part entière en matière d'histoire de la taxidermie, des sciences et des musées d'histoire naturelle