Thèse soutenue

De l'ennui au travail au bοre-οut : facteurs d'influence, cοnséquences et stratégies aux niveaux individuel et οrganisatiοnnel

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Auteur / Autrice : Lexane Martin
Direction : Odile Camus
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychologie
Date : Soutenance le 04/11/2025
Etablissement(s) : Normandie
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Homme, sociétés, risques, territoire (Rouen)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur les fonctionnements et les dysfonctionnements psychologiques (Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime ; 2017-....)
Établissement co-accrédité : Université de Rouen Normandie (1966-....)
Jury : Président / Présidente : Evelyne Fouquereau
Examinateurs / Examinatrices : Odile Camus, Evelyne Fouquereau, Caroline Arnoux-Nicolas, Jean-Luc Bernaud, Arnaud Villieux, Sung-Cheol Jung
Rapporteurs / Rapporteuses : Caroline Arnoux-Nicolas, Jean-Luc Bernaud
DOI : 10.70675/6dd9c265z418bz4f5bz8c0dza4a2a2992e72

Résumé

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L’ennui au travail est une expérience aussi fréquente que tue, souvent disqualifiée comme un manque individuel d’engagement. Pourtant, il s’agit d’un objet complexe, influencé par des dynamiques subjectives, sociales et organisationnelles. Cette thèse, en psychologie du travail et sociale, vise à mieux comprendre l’ennui au travail, à explorer son continuum avec le bore-out et à proposer un outil de mesure pour mieux l’évaluer et le prévenir. Quatre études ont été menées. La première repose sur une analyse thématique de 574 commentaires issus d’un média social. La deuxième s’appuie sur un questionnaire administré à 204 travailleurs français et mobilise un modèle de médiation modérée. La troisième combine quinze entretiens hybrides avec un questionnaire de contrôle sur la disposition à l’ennui. Celle-ci se divise en deux analyses : thématique et discursive. La quatrième étude vise à développer et tester les qualités psychométriques d’un inventaire de mesure du bore-out destiné aux professionnels français. Les résultats montrent que l’ennui au travail est à la fois stigmatisé et systémique, provoquant honte, culpabilité et censure. Il est souvent perçu comme un échec personnel, bien qu’il découle majoritairement de facteurs organisationnels, tels que l’(in)activité ou la perte de sens au travail. L’ennui au travail apparaît comme une émotion à valence négative pouvant altérer la santé mentale et physique des travailleurs, mais aussi les performances. Lorsqu’il devient chronique, il évolue en bore-out. Les participants identifient diverses stratégies d’adaptation (coping), mais pointent un fort sentiment d’impuissance et de déshumanisation organisationnelle. Enfin, nous proposons un Inventaire de mesure du Bore-Out (IBO), composée de 23 items répartis en quatre facteurs : l’ennui et le vécu émotionnel associé, le climat organisationnel négatif, la stagnation professionnelle et la perte de sens. Élaborée à partir de la littérature, d’entretiens et de codages experts, cette échelle vise une évaluation plus complète et nuancée du bore-out. Des analyses confirmatoires, convergentes, divergentes et par seuil sont en cours pour en valider la structure et l’usage. Ces travaux suggèrent de repenser l’ennui comme un signal d’alerte organisationnel plutôt qu’un simple problème individuel. Ils contribuent à clarifier le passage entre ennui transitoire et bore-out, tout en soulignant l’urgence d’outils adaptés pour mesurer cette souffrance silencieuse. En proposant une lecture intégrée et contextualisée de l’ennui au travail, cette thèse appelle à en faire un objet de reconnaissance collective et organisationnelle, dans une logique de prévention du bore-out.