La politique de la mémoire d'une catastrophe nucléaire: les usages de l'accident de tchernobyl en biélorussie (1986-2008)
| Auteur / Autrice : | Tatsiana Hlukhava |
| Direction : | Dominique Colas |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2003 Soutenance le 02/03/2012 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Ecole doctorale de sciences po |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Prenant pour objet d’étude les usages politiques de l’accident de Tchernobyl en Biélorussie entre 1986 et 2008, cette thèse analyse les raisons d’une faible importance de la mémoire de la catastrophe nucléaire dans la vie politique de ce pays, dont près d’un quart du territoire a été gravement contaminé par les retombées radioactives. Cette recherche identifie les facteurs de l’écartement des souvenirs de l’accident de la sphère publique à travers l’examen des principales étapes de la construction des représentations de la catastrophe : la gestion de la crise post-accidentelle par les autorités soviétiques entre 1986 et 1987, la mobilisation politique et sociale autour des problèmes liés aux conséquences de la catastrophe entre 1989 et 1991, les politiques identitaires de l’Etat biélorusse et de ses contestataires entre 1994 et 2008. Tout d’abord, cette thèse s’attache à mesurer l’impact aussi bien de la libéralisation du régime politique à la fin de l’URSS que du retour progressif à l’autoritarisme à partir du milieu des années 1990 sur les possibilités et les formes de l’évocation du passé de l’accident. Ensuite, elle analyse l’inscription du passé de l’accident dans les récits de l’identité nationale proposés par l’Etat et ses contestataires et conduisant à l’occultation de la spécificité de l’accident vis-à-vis d’autres événements du passé biélorusse. Enfin, cette recherche met en lumière la façon dont la gestion de l’impact sanitaire de la contamination radioactive par les autorités biélorusses favorise la dépolitisation de la mémoire de la catastrophe de Tchernobyl, notamment en mettant l’accent sur des problèmes psychologiques et d’hygiène individuels.