Thèse en cours

École, intégration et construction identitaire : le cas des élèves nouvellement arrivés d’origine marocaine sur la région du Grand Bastia

FR

Accès à la thèse

Triangle exclamation pleinLa soutenance a eu lieu le 04/12/2015. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Marina Mhadi-Okbi
Direction : Bruno GarnierDidier Rey
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de l'éducation
Date : Inscription en doctorat le 29/09/2010
Soutenance le 04/12/2015
Etablissement(s) : Corte
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Environnement et sociéte (Corte ; 2000-....)

Résumé

FR  |  
EN

Chaque année l’École française accueille environ 35 000 à 40 000 élèves allophones nouvellement arrivés (EANA). Ces élèves, aux profils et aux niveaux de langue française variés, arrivent tout au long de l’année. Les accueillir, nécessite donc une prise en charge particulière et soulève différents problèmes pédagogiques et méthodologiques. Cette recherche qui a pour objet les nouveaux arrivants d’origine marocaine (âgés de 6 à 16 ans) scolarisés sur l’espace du Grand Bastia (Haute-Corse), propose d’analyser les conditions et les modalités d’accueil et de scolarisation de ce public. Le département de Haute-Corse possède un taux de scolarisation d’EANA, élevé par rapport à la moyenne nationale, à titre comparatif concernant l’année scolaire 2010/2011, ils représentaient 1.3% des effectifs départementaux contre 0.4% des effectifs nationaux. La décision de se focaliser principalement sur les établissements scolaires du Grand Bastia, est liée au fait que cet espace soit considéré comme la principale zone d’activités économiques de la région. Le choix d’observer ce public s’est naturellement imposé car la communauté marocaine représente la minorité ethnique majoritaire vivant sur le territoire insulaire. Ce travail tente de comprendre les mécanismes des processus d’intégration et de construction identitaire au sein d’un pays et d’une société insulaire où chacun peut constater des signes d’une conflictualité intercommunautaire : tags racistes, manifestations anti-migrants, vandalisation de lieux de cultes musulmans ou bien encore distribution de tracts xénophobes. Dans un tel contexte social, le rôle de l’École apparaît comme majeur dans l’intégration des populations étrangères notamment celles nouvellement arrivées et dans la lutte contre toutes les formes de discriminations. Les enseignements de langue et culture d’origine arabe- marocain (ELCO) et de langue corse ont été analysés afin de vérifier s’ils représentaient des facteurs d’intégration ou au contraire d’exclusion. Afin de saisir les enjeux de l’intégration scolaire mais aussi sociale des EANA, une mise en perspective historique est nécessaire. En effet, la problématique de la gestion scolaire de ces élèves apparaît dans les années soixante-dix, coïncidant de ce fait avec la vague migratoire postcoloniale et l’instauration du regroupement familial. Des structures spécialisées sont conçues pour répondre aux besoins de ce nouveau public scolaire. Différentes variables telles que les politiques éducatives et sociales, le rôle des familles mais aussi les relations interculturelles et les différents supports pédagogiques et méthodes d’enseignement de la langue française (FLE, FLS, FLM), ont été examinés afin de vérifier si l’école réussissait ou non à intégrer scolairement ces élèves. En effet, deux hypothèses ont émergé de ce travail, la première est que : oui, l’école peut être un facteur d’intégration mais seulement à certaines conditions. Et la dernière est que : non, l’école ne joue pas toujours son rôle intégrateur car les EANA ou anciens EANA semblent s’orienter plus souvent vers des filières professionnelles. D’un point de vue méthodologique, un échantillon de 18 établissements a été sélectionné. Des approches qualitative et quantitative ont été adoptées. Nous avons enquêté auprès des acteurs entrant en jeu dans la prise en charge des nouveaux arrivants mais aussi auprès des familles, par questionnaires ou par entretiens semi-directifs. Le recueil et l’analyse des différentes données nous permettent de présenter un état complet de la situation des EANA d’origine marocaine en Haute-Corse et plus particulièrement sur le Grand Bastia. Au-delà des obstacles identifiés, il s’agit ici de proposer des pistes susceptibles d’améliorer les modalités d’accueil et de scolarisation de ces élèves.