Former sans déterminer : éducation, autonomie et possibilité du devenir-soi
| Auteur / Autrice : | Flavien Liottier |
| Direction : | Nicolas Piqué, Philippe Foray |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/12/2026 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de philosophie |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : IPhiG - Institut de Philosophie de Grenoble |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Former sans déterminer : éducation, autonomie et possibilité du devenir-soi Ce projet de recherche s'inscrit dans le champ de la philosophie de l'éducation et prolonge une réflexion engagée dans un mémoire de Master consacré aux rapports entre sanction, liberté, contrainte et normalisation dans l'institution scolaire. La recherche doctorale part d'un paradoxe constitutif de l'action éducative : l'éducation suppose nécessairement une action de formation, de transmission et d'orientation, alors même que son horizon peut être la formation d'un sujet capable de se déterminer lui-même. Dès lors, comment former un sujet autonome sans déterminer à l'avance ce qu'il doit devenir ? Plus fondamentalement, que signifie « former sans déterminer » ? L'hypothèse de travail consiste à envisager la formation non comme la production d'une identité ou d'un comportement prédéfini, mais comme la création des conditions de possibilité d'un devenir autonome. Il s'agira ainsi d'interroger les rapports entre formation, contrainte, autorité, transmission, norme et autonomie, en distinguant ce qui rend possible l'autonomie de ce qui tend à déterminer le sujet. La recherche s'appuiera principalement sur une confrontation entre les réflexions de Friedrich Nietzsche et celles d'Hannah Arendt. Chez Nietzsche, l'analyse portera notamment sur le devenir-soi, la singularisation et la possibilité pour l'individu de ne pas être entièrement déterminé par les formes culturelles et sociales existantes. Chez Arendt, elle s'intéressera aux notions de transmission, de monde commun, de natalité, d'action et de commencement. Leur confrontation permettra d'examiner comment l'éducation peut transmettre un monde déjà constitué tout en laissant ouverte la possibilité pour celui qui y entre d'y introduire du nouveau. L'objectif sera ainsi de déterminer à quelles conditions l'éducation peut constituer une condition de l'autonomie plutôt qu'une forme de détermination du sujet, et de penser une formation qui ne soit ni simple reproduction du monde existant ni fabrication d'un sujet conforme à un idéal prédéfini.