Milieu vital, technicité et territorialité. Une approche ontogénétique du milieu humain.
| Auteur / Autrice : | Amaury Delombaerde |
| Direction : | Thierry Menissier |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2026 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de philosophie |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : IPhiG - Institut de Philosophie de Grenoble |
Mots clés
Résumé
Face au double constat de la crise environnementale que nous traversons et de notre incapacité à transformer nos manières de vivre adéquatement à cette crise, nous nous interrogeons sur ce qui conditionne cette rigidité comportementale. Pour ce faire, nous mobilisons la méthode ontogénétique et l'appareil conceptuel de Gilbert Simondon à travers une analyse des opérations qui structurent notre monde productiviste et capitaliste. Non seulement nos comportements sont englués dans des habitudes et des croyances implicites, mais il est aussi fixé par le milieu que nous avons édifié. Celui-ci poursuit un processus d'aseptisation depuis plus de deux siècles. Le milieu humain est coupé de ses relations avec les forces terrestres et cosmiques, aussi bien qu'avec d'autres manières d'être vivant ; parce qu'il est le théâtre d'une opération de différenciation trop marquée de l'humain, ce qui oblitère notre capacité à intégrer le monde sauvage dans l'évolution de nos structures individuelles et collectives. Le milieu humain est toujours un milieu technique. Aussi, l'individuation technique opère de manière analogue tant aux individuations vitale et transindividuelle qu'à l'individualisation psychique. Alors, il y a au cur de l'individuation technique quelque chose qui opère dans le même sens ou de la même manière que la rigidification de nos schèmes et de nos comportements aux niveaux vital, psychique et collectif : notre milieu technique a quelque chose à nous dire sur l'évolution de nos manières d'être. Les opérations qui lui manque pour être plus concret, l'intégration des forces terrestres, vitales et cosmiques à son système de fonctionnement, sont les mêmes que celles que notre culture dévalue et que nos habitudes oblitèrent. Il semble donc illusoire de croire à un changement comportemental des individus et des collectifs humains, sans qu'il se conjugue à une concrétisation, donc à un saut qualitatif des schèmes techniques dont le système structure notre milieu. Enfin, grâce aux concepts que nous aurons justifiés et aux critères que nous aurons dégagés, nous serons en mesure d'expliciter et d'explorer une manière plus ouverte de faire milieu, à partir des progrès de notre technicité, non pas en les biffant ou en y renonçant. Par transduction, cela nous permettra de penser comment notre territoire peut être agencé par une multiplicité de relations symbiotiques, plutôt qu'organiser autour d'une injonction à produire et à consommer qui passe par des rapports de domination.