L'Union européenne et la Corne de l'Afrique : interactions entre les acteurs diplomatiques nationaux et européens
| Auteur / Autrice : | Anne-Frantz Dollin |
| Direction : | Michel Mangenot |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | De Science politique |
| Date : | Inscription en doctorat le 18/11/2019 |
| Etablissement(s) : | Paris 8 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Pratiques et théories du sens |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris |
| Equipe de recherche : LabToP Laboratoire des Théories du Politique |
Mots clés
Résumé
Le vu d'une « Commission géopolitique » exprimé le 8 novembre 2019 par Ursula von der Leyen lors de son premier discours en tant que présidente semble avoir pris forme. C'est la guerre que mène la Russie en Ukraine qui constitue un momentum pour l'UE. De fait, les institutions européennes et les Etats membres (EM) ont dû agir vite face à une menace qui n'était plus hypothétique. Cette volonté annoncée d'aller au-delà du soft power est enfin visible. Comme le déclare Josep Borrell dans un essai publié sur le site du SEAE le 24 mars 2022, l'UE envisage « des actions concrètes, assorties d'échéances précises » pour renforcer en son sein, à ses portes et à l'extérieur sa sécurité et sa défense. L'UE met un pied sur le devant de la scène car il s'agit de se donner les moyens de ses ambitions, et d'apparaitre in fine comme actrice à part entière des relations internationales (RI). S'interroger sur les interactions entre les acteurs diplomatiques européens et de la Corne de l'Afrique (CA) suppose que l'on considère l'UE et ses EM comme des acteurs des RI. Bien que l'approche réaliste des RI lui ait pendant longtemps nié ce titre, ces dix dernières années son statut juridique a été clarifié, notamment grâce à l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. De plus, l'UE a montré des capacités à « concevoir une stratégie, [à] agir en autonomie et [à] réaliser des objectifs » (Crozier, Friedberg, 1996). C'est donc tout naturellement que nous nous questionnerons sur la stratégie globale de l'UE pour sa politique étrangère et sa sécurité. La Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) fait partie de cette stratégie et traduit une volonté de l'UE de mettre en place une action extérieure cohérente et efficace, pour paraître comme garante de la paix et de la sécurité. Néanmoins, certains spécialistes dont Dumond et Sauron identifient comme récurrent et problématique un manque de fluidité et de relais institutionnels. Il ne parait pas y avoir de véritable coopération européenne dans ce domaine. Un lien a d'ailleurs été établit par Groenleer et Van Shaik (2007), entre la capacité de l'UE à atteindre ses objectifs et son degré de cohésion. Les terrains effectués jusque-là nous encouragent également à faire entrer dans notre étude la préparation et la mise en uvre de la coopération au développement de l'UE avec les pays de la CA. L'analyse des dynamiques intra-européennes qui accompagnent ces processus de négociations peut enrichir notre thèse. Ce sont deux questionnements qui vont sous-tendre notre recherche. Un premier davantage théorique qui tournera autour du phénomène d'européanisation de la PESC (avec ou sans UE). Nous adopterons également un questionnement plus empirique en s'interrogeant sur la fonction de maillon que la Délégation tente d'incarner face à la la prégnance des EM sur le « terrain quotidien » par rapport à une zone géographique donnée. Nous entendons par là que la grande majorité des analyses proposées de la PESC laissent de côté le facteur géographique, mais la contextualisation étant une nécessité analytique, nous le placerons au centre de notre étude. De fait, cette politique davantage intergouvernementale que communautaire est plus facilement (mais ce n'est pas automatique) soumise à des logiques propres aux EM. En somme, la grille de lecture en Afrique subsaharienne ne devrait pas être la même que celle utilisée pour comprendre la PESC dans la CA. Tous les EM ne partagent pas le même passé, et n'ont pas les mêmes interactions avec les acteurs d'une zone géographique donnée. Il est donc essentiel d'analyser séparément ces dynamiques qui sous-tendent leurs choix en matière de politique étrangère nationale et d'action extérieure européenne.