Thèse en cours

Naviguer l'incertitude de l'IA : entre science-fiction et religion, une exploration de l'acceptation de la technologie dans l'organisation

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 13/03/2026. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Sophie Geneste
Direction : Frédéric FréryGéraldine Galindo
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de Gestion
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2020
Soutenance le 13/03/2026
Etablissement(s) : Paris 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Management Panthéon-Sorbonne (Paris ; 2012-....)
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : ESCP Europe (2009-....)

Résumé

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Cette thèse examine les conditions d’acceptation individuelle des technologies d’intelligence artificielle (IA) en organisation dans un contexte de pré-déploiement élargi, où la technologie demeure profondément incertaine et difficile à saisir pour les collaborateurs et collaboratrices. En mobilisant une approche socio-constructiviste et un ancrage interdisciplinaire au travers notamment des systèmes d’information, des STS (Science and Technology Studies) et des études du religieux, elle analyse la manière dont les perceptions des technologies d’IA, et in fine leur acceptation par les individus, se forment avant même son déploiement. Elle repose sur une enquête qualitative approfondie menée durant trois ans au sein d’un grand groupe bancaire français, combinant ethnographie participante, entretiens semi-directifs notamment à travers la méthode ZMET (méthode d’élicitation par la métaphore) et analyse documentaire. Trois articles composent cette thèse. Le premier article explore le vécu des data scientists, acteurs de frontière confrontés à des tensions de rôle, c’est à dire des attentes organisationnelles contradictoires. Il met en évidence l’écart entre les imaginaires portés par les collaborateurs et collaboratrices et les réalités opérationnelles du déploiement, offrant une première lecture des représentations qui freinent ou facilitent l’acceptation des technologies d’IA. Le deuxième article analyse la circulation des récits mythifiés autour des technologies d’IA, notamment charriés par la science-fiction, et montre comment ces imaginaires deviennent des ressources mobilisées dans les dynamiques de pouvoir organisationnelles. Il révèle ainsi que l’acceptation se construit notamment autour de luttes symboliques et l'instrumentalisation des narratifs qui orientent la perception de la technologie. Enfin, le troisième article mobilise la sociologie des religions pour éclairer la dimension quasi-sacrée que peut revêtir l’acceptation des technologies d’IA en contexte de pré-déploiement. Il met au jour un processus de sacralisation organisationnelle de la technologie, et conceptualise la faith-like acceptance ou acceptation analogue à la foi, une forme d’acceptation reposant sur la croyance sans preuve, une ambivalence affective proche de la révérence, et l’ignorance acceptée autour mécanismes techniques et des implications de la technologie. En articulant ces trois articles, la thèse propose une lecture renouvelée de l’acceptation technologique par les collaborateurs et collaboratrices, et offre deux contributions théoriques majeures : l’identification d’un processus de sacralisation des technologies d’IA et la conceptualisation de la faith-like acceptance ou acceptation analogue à la foi. Ce faisant, elle montre que la technologie d’IA, en contexte de pré-déploiement et du fait de son incertitude, appelle des approches dépassant les approches rationalistes classiques tout en se distinguant des cadres interprétatifs traditionnels tels que l’adoption symbolique. Les résultats dévoilent le rôle structurant des récits et des imaginaires, des émotions, mais aussi des dimensions communautaire et ritualiste dans la construction de l’acceptation. Elle souligne ainsi l’importance, pour les organisations, de soigner les cadres narratifs, les dispositifs d’acculturation et les espaces d’échange permettant aux collaborateurs et collaboratrices de construire du sens face à une technologie insaisissable, tout en attirant l’attention sur la manière dont le recours à des ressorts irrationnels pourrait influencer les dynamiques de déploiement ultérieures. Sur un plan plus critique, cette recherche contribue à interroger les discours dominants sur les technologies d’IA, leurs fonctions de légitimation et les logiques de pouvoir qu’ils sous-tendent.