Thèse en cours

Mieux comprendre le sentiment d'insécurité des voyageurs : une approche cognitive de la perception de la sûreté.

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Mohamed El Mehdi Mafhoum
Direction : Alice Normand
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Psychologie, psychologie clinique, psychologie sociale
Date : Inscription en doctorat le 26/03/2026
Etablissement(s) : Université Clermont Auvergne (2021-...)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des Lettres, Langues, Sciences Humaines et Sociales (Clermont-Ferrand)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive

Mots clés

FR  |  
EN

Résumé

FR  |  
EN

Ce projet de thèse s'inscrit dans une démarche interdisciplinaire visant à repenser l'évaluation de la sûreté perçue dans les environnements ferroviaires. L'hypothèse centrale qui le sous-tend postule que le sentiment de sûreté, traditionnellement mesuré par des méthodes déclaratives (questionnaires, enquêtes), peut être appréhendé de manière plus robuste et plus objective à travers une approche cognitive et expérimentale. L'enjeu est de saisir les dimensions implicites de cette perception, souvent inaccessibles aux auto-évaluations subjectives, en mobilisant des indicateurs comportementaux, physiologiques et émotionnels. Pour ce faire, le projet s'appuie sur un cadre théorique intégratif, puisant dans les travaux fondateurs sur l'évaluation des risques (comme la théorie de l'appraisal de Lazarus) ainsi que dans les avancées récentes en psychologie environnementale et en neurosciences affectives. La sûreté perçue y est conceptualisée comme un construit dynamique, émergent de l'interaction entre l'individu et son environnement, et modulé par des facteurs individuels (expériences passées, sentiment de vulnérabilité subjectif...) et situationnels (densité de foule, aménagement des espaces...). L'originalité réside dans une approche exploratoire visant à identifier les mécanismes cognitifs et perceptifs les plus pertinents pour appréhender ce sentiment dans le contexte spécifique des transports en commun. Parmi les indicateurs envisagés figurent des marqueurs cognitifs (attention sélective, perception du temps), comportementaux (comportement oculomoteur, approche/évitement) et physiologiques (conductance cutanée, rythme cardiaque), tous associés dans la littérature scientifique à l'évaluation de la sûreté. Plutôt que de combiner systématiquement ces techniques, le projet évaluera leur pertinence respective pour rendre compte de la sûreté perçue de manière écologique, en tenant compte des contraintes méthodologiques et opérationnelles. Sur le plan organisationnel, cette recherche se structure en trois phases distinctes. Dans un premier temps, une phase exploratoire sera dédiée à la constitution d'une base de stimuli ferroviaires standardisés (photographies, scènes audiovisuelles et environnements immersifs), une démarche rendue nécessaire par la rareté des ressources existantes dans ce domaine. Dans un second temps, une phase empirique consistera à mener une série d'expérimentations systématiques, mobilisant les stimuli développés pour examiner les relations entre les indicateurs objectifs préalablement identifiés (comportementaux, physiologiques et cognitifs) et la perception subjective de la sûreté chez les voyageurs. Cette phase explorera différents niveaux d'immersion (paradigmes en laboratoire, réalité virtuelle et situations in situ) afin d'identifier les marqueurs les plus prédictifs et de déterminer quelles conditions expérimentales se rapprochent le plus fidèlement de la sûreté perçue en contexte réel. L'objectif central de cette étape sera d'élaborer un modèle intégratif de la sûreté perçue dans les transports en commun, articulant de manière systématique les facteurs individuels, contextuels et les indicateurs objectifs recueillis. Enfin, une phase applicative traduira ces résultats en outils diagnostiques et recommandations opérationnelles, incluant un score de sûreté perçue, une hiérarchisation des facteurs influents et des prototypes de dispositifs d'amélioration (signalétique, aménagements, interventions psychosociales). Ce projet se distingue par son double ancrage théorique et pratique. Il contribue à enrichir les modèles cognitifs de perception du risque tout en répondant à un enjeu sociétal majeur : concevoir des espaces à la fois sûrs et perçus comme tels, afin de réduire l'évitement des usagers et améliorer leur expérience. Les résultats pourraient s'étendre à d'autres domaines comme l'aménagement urbain, où la question de la sûreté perçue est tout aussi cruciale.