Objet-frontières immersifs et participation citoyenne dans les projets de ville durable. Analyse communicationnelle des usages de la réalité virtuelle dans le cadre du projet
| Auteur / Autrice : | Fanny Seligmann |
| Direction : | Hafida Boulekbache, Damien Renard |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de l'information et de la communication |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/04/2026 |
| Etablissement(s) : | Valenciennes, Université Polytechnique Hauts-de-France |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Ecole Doctorale Polytechnique Hauts-de-France |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de Recherche Sociétés & Humanités - Département Design Visuel et Urbain |
Mots clés
Résumé
Le projet de thèse s'inscrit dans le champ des sciences de l'information et de la communication, en croisant les approches de la communication des organisations et de la médiation numérique appliquées aux enjeux contemporains de la fabrique de la ville durable. Il prend appui sur le projet européen ReViVRE Réalité Virtuelle pour une Ville Renouvelée et Écologique, soutenu par le programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen, qui mobilise des dispositifs immersifs en réalité virtuelle pour renouveler les modalités de concertation, de co-conception et de sensibilisation citoyenne dans les projets d'aménagement urbain. Face aux limites des outils traditionnels de représentation et de participation (plans, maquettes, réunions publiques), le recours à des dispositifs immersifs constitue une transformation majeure des pratiques communicationnelles entre collectivités, experts de l'aménagement et citoyens. Ces dispositifs ne se limitent pas à une innovation technologique : ils reconfigurent les formes de médiation, les récits de la ville, les rapports au savoir urbain et les dynamiques de participation. Mobilisant la notion d'objet-frontière (Star et Griesemer, 1989), la thèse analyse la manière dont les dispositifs immersifs sont appropriés par des acteurs issus de mondes sociaux hétérogènes, donnant lieu à des interprétations différenciées de l'espace urbain. Dans cette perspective, ces dispositifs sont appréhendés comme des arrangements socio-techniques provisoires, qui rendent possible une coordination minimale entre acteurs sans résorber l'hétérogénéité des cadres d'interprétation ni les tensions qui les traversent. La thèse interroge ainsi les processus par lesquels les expériences vécues de l'espace sont transcrites dans des représentations immersives, puis réappropriées, discutées ou contestées. Adoptant une posture constructiviste et qualitative, la thèse repose sur une méthodologie de recherche-action et d'étude de cas, centrée sur l'apport du consortium du projet ReViVRE. Elle mobilise des observations de terrain, des entretiens semi-directifs avec les acteurs impliqués (porteurs de projet, experts, élus, citoyens), ainsi que l'analyse des usages, des discours et des artefacts socio-techniques. L'objectif est de comprendre dans quelles conditions les dispositifs immersifs peuvent fonctionner comme de véritables médiateurs de la participation citoyenne, et dans quelles situations ils tendent au contraire à stabiliser ou à naturaliser certaines visions de la ville durable.