Inégalités structurelles et trajectoires d'atténuation et d'adaptation en Martinique. Analyse des objectifs décarbonation au prisme de l'équité et des spécificités insulaires post-coloniales
| Auteur / Autrice : | Rachel Pierre-léandre |
| Direction : | Nadia Maïzi |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Contrôle, optimisation, prospective |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Paris sciences et lettres |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences et technologies de l'information et de la communication |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Mathématiques et Systèmes |
| Equipe de recherche : CMA - Centre de Mathématiques Appliquées | |
| établissement opérateur d'inscription : Mines Paris-PSL |
Mots clés
Résumé
La Martinique fait face à une grave crise économique et sociale, dont les origines remontent à son passé colonial et d'esclavage. L'île connaît de graves déséquilibres structurels, y compris des prix à la consommation qui sont de 9 à 16 % plus élevés qu'en métropole (et de 30 à 42 % plus pour les produits alimentaires), en raison de sa dépendance aux importations (environ 80% des marchandises) et d'une structure oligopolistique dans le domaine de la distribution. Le PIB par tête est considérablement plus bas que la moyenne nationale et le taux de chômage atteint 12,5 %. Dans le domaine de l'énergie, 67 % de la consommation est toujours issue des énergies fossiles importées. Malgré une tarification uniforme de l'électricité, les dépenses de production locales sont extrêmement hautes (entre 200 et 300 euros par MWh), et approximativement un quart des foyers vivent dans une condition d'insécurité énergétique. En réponse aux objectifs nationaux ambitieux de transition énergétique (atteindre 50 % d'énergies renouvelables d'ici à 2030), le système de gouvernance est perçu comme centralisé et extérieur, avec le risque de maintenir les déséquilibres et les dynamiques issues du colonialisme. L'objectif de la thèse est d'examiner comment les vestiges du colonialisme (dépendance structurelle, concentration du capital) affectent la capacité de la Martinique à réaliser une transition équitable. L'essence de la démarche méthodologique réside dans l'ajustement des instruments de modélisation prospective, en particulier le modèle TIMES, pour inclure de manière explicite les aspects d'équité socio-économique et territoriale qui sont cruciaux dans le cadre insulaire post-colonial. Les résultats attendus devraient comprendre des scénarios énergétiques alternatifs qui prennent en compte les questions de justice sociale et de résilience territoriale, ainsi que des propositions d'approches politiques visant une gouvernance énergétique plus inclusive, renforçant ainsi l'autonomie décisionnelle locale.