La bijouterie de pierres fines égyptienne, de l'époque thinite à la Troisième Période intermédiaire
| Auteur / Autrice : | Jane Maurisson |
| Direction : | Pierre Tallet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Histoire de l'Antiquité |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/01/2026 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Mondes antiques et médiévaux |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Orient et Méditerranée. Textes, archéologie, histoire |
| Equipe de recherche : Mondes pharaoniques |
Mots clés
Résumé
Cette thèse doctorale propose d'étudier la bijouterie de pierres fines égyptienne, depuis l'époque thinite jusqu'à la Troisième Période intermédiaire, dans l'objectif de mettre à jour, d'affiner ou de proposer de nouveaux critères de datation des bijoux égyptiens. L'ambition de ce travail de recherche est donc de réévaluer la chronologie relative aux ornements corporels en pierres fines à partir d'un corpus d'objets au contexte archéologique clair, tout en intégrant les données archéologiques, technologiques et iconographiques les plus récentes. La bijouterie constitue en effet une discipline particulièrement archaïsante de l'art égyptien. Si les formes, les matériaux et les techniques évoluent de manière sporadique, la symbolique qui leur est associée demeure souvent stable au fil des siècles. Les couleurs et les associations chromatiques, dont les significations sont profondément ancrées dans la pensée religieuse et cosmologique égyptienne, sont peu développées dans l'art en deux dimensions. En conséquence, les images de bijoux ne reflètent pas toujours la réalité archéologique, où la palette chromatique est plus développée grâce à l'usage de nombreuses pierres fines colorées. Dater un bijou en pierres fines égyptien dépourvu de contexte est donc une tâche complexe. Cette difficulté est d'autant plus marquée car ces objets, du fait de la présence de matériaux précieux, sont parmi les premières cibles des pillages dès l'Antiquité. Ainsi, un grand nombre de pièces conservées aujourd'hui dans les musées ou les collections privées ne sont pas associées à une provenance ou à une datation précise. Face à ce constat, il devient essentiel de constituer une base de données fondée uniquement sur des objets issus de fouilles documentées, dont la datation et la provenance sont attestées. À partir de ce corpus, le travail de recherche s'attacherait à étudier de manière systématique les nombreuses variables des bijoux en pierres fines : la nature et l'origine des matériaux employés, la typologie des objets, les formes et les dimensions des perles, les choix iconographiques, les techniques de taille et de montage, les associations de matériaux, ou encore les associations de couleurs. Ces éléments, analysés dans une perspective comparative, permettraient d'établir des tendances spécifiques et de proposer à terme un modèle typo-chronologique ou, du moins, des critères de datation formels ou statistiques fondés sur des observations tangibles. Une telle étude ne se limiterait pas à la seule question de la chronologie. Elle permettrait également d'aborder des problématiques plus larges : l'influence de la bijouterie royale sur la production privée, les écarts entre les bijoux représentés dans l'art en deux dimensions et ceux retrouvés en contexte archéologique, les échanges culturels et commerciaux qui transparaissent à travers la circulation de matériaux, de techniques ou de formes, ou encore l'évolution du goût, des pratiques religieuses et des techniques artisanales au fil du temps. En ce sens, cette recherche ambitionne non seulement d'affiner notre compréhension de la bijouterie égyptienne, mais aussi de contribuer plus largement à l'histoire de l'Égypte ancienne.