Une étude expérimentale de corpus sur la montée du sujet et ses contreparties finies en anglais
| Auteur / Autrice : | Solène Richard |
| Direction : | Bert Cappelle |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences du langage : linguistique et phonétique générales |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de l'homme et de la société |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Savoirs, Textes, langages |
Mots clés
Résumé
Ma thèse concerne la comparaison du phénomène syntaxique de montée du sujet avec ses contreparties finies en anglais. Elle vise à élucider les facteurs qui conduisent un énonciateur à choisir soit une subordonnée finie (au présent ou au passé) soit une subordonnée infinitive comme complément en anglais. En effet, ces structures peuvent permettre d'exprimer des contenus très similaires. La montée du sujet regroupe deux structures distinctes : la montée du sujet en positon objet et la montée du sujet en position sujet. Ce phénomène se nomme ainsi car le sujet de la subordonnée est analysé en syntaxe dérivationnelle comme montant dans la proposition matrice en position sujet ou objet. Ce mouvement de « montée » est une métaphore utilisée par les syntacticiens pour décrire la relation entre la nouvelle position du sujet et sa place habituelle dans une phrase canonique. Les liens transformationnels entre la structure à montée et ses contreparties finies ne sont que des hypothèses syntaxiques qu'il sera utile de questionner. Je tâcherai pendant ma thèse de me détacher de la conception transformationnelle de la montée, pour pouvoir analyser les deux structures comme concurrentes, mais non équivalentes. Ainsi, la montée du sujet en position objet se présente de la manière suivante : (1) a. I expect her to be on time. b. I expect (that) she will be on time. (1-a) est un exemple de montée du sujet en position objet, tandis que(1-b) est sa contrepartie finie ou conjuguée. En (1-a) « I expect her » est la proposition matrice et « to be on time » est la proposition subordonnée infinitive. En (1-b) le pronom « she » est sujet de la proposition subordonnée. Ce même pronom « monte » en (1-a) dans la proposition matrice en position objet : « her ». Cette montée induit ici un changement de forme du pronom, passant du cas sujet « she » au cas objet « her ». Toutefois, « her » et « she » réfèrent ici toujours à la même personne, bien que la forme morpho-syntaxique soit distincte. En (1-b), le pronom « she » apparaît non pas comme sujet du verbe enchâssé « will be », mais comme objet direct du verbe recteur « expect ». En effet, « her » peut devenir le sujet d'expect en passivant : « She is expected to be on time ». Alors, syntaxiquement, le sujet de la principale finie passe bien en position objet dans la subordonnée montée. Or, sémantiquement dans la structure à montée en position objet, le groupe nominal n'est pas l'objet de la principale; l'objet constitue l'ensemble de la subordonnée. Il est en effet possible de remplacer « her to be on time » par « something » sémantiquement, ce qui crée un autre découpage où « her to be on time » constitue une proposition complétive. Cette inadéquation entre la syntaxe et la sémantique constitue un des intérêts de l'analyse contrastive de ces deux structures. Ces observations posent donc un certain nombre de questions sémantiques, syntaxiques et pragmatiques. La forme objet et la forme sujet d'un pronom dans une construction à montée du sujet en objet et une construction à complémentation finie correspondent-elles à une interprétation différente de l'entité en question? En quoi les différences syntaxiques entre les constructions finies et les constructions à montée se reflètent-elles sur le plan sémantique? La recherche sur la montée du sujet n'a pour l'instant pas permis de répondre de manière satisfaisante à ces questionnements. Si les structures à montée et leurs contreparties finies semblent à priori équivalentes sémantiquement, et même concurrentes dans un contexte similaire, certains auteurs font l'hypothèse d'une différence liée aux contextes distincts dans lesquels elles sont utilisées. Mon but est de déterminer par une étude de corpus les facteurs qui interviennent dans le choix d'une structure ou d'une autre.