Thèse en cours

Les antiquités falsifiées : Voyage, prédation et fabrique de l'antique dans l'aire italo-méditerranéenne au temps des Lumières

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Auteur / Autrice : Selly Djebali
Direction : Gilles Montègre
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Histoire
Date : Inscription en doctorat le 01/12/2025
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Universitaire Histoire Culture(s) Italie Europe

Mots clés

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Résumé

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À l'heure où l'intelligence artificielle bouleverse notre rapport à l'image et au savoir, la question de l'authenticité se pose avec une acuité nouvelle. La prolifération d'images générées artificiellement, dont l'origine et la véracité sont souvent indécidables, illustre un phénomène qui dépasse largement notre époque : la fabrication du faux et son intégration dans les circuits légitimes du savoir. Face à cette multiplication des artefacts numériques, une problématique majeure émerge : celle de la traçabilité de l'information et de la cristallisation du savoir dans un monde où les régimes de preuve sont brouillés. Cette situation contemporaine n'est pas sans rappeler un autre moment-clé de notre histoire culturelle : le siècle des Lumières. Le XVIIIᵉ siècle, célébré pour ses idéaux de raison et de progrès scientifique, nourrit en réalité un rapport ambivalent aux savoirs du passé, en particulier ceux liés à l'Antiquité. Loin de se limiter à la redécouverte érudite des vestiges anciens, la société des Lumières oscille entre admiration, appropriation et destruction de ce patrimoine. Les pratiques des voyageurs, se présentant comme des découvreurs éclairés, qui sillonnent le bassin méditerranéen révèlent cette tension. Certains inventent en effet des inscriptions, réarrangent des monuments, manipulent ou détruisent des sites : au point que les savoirs produits deviennent eux-mêmes des artefacts hybrides, où le vrai et le faux s'entrelacent jusqu'à en devenir indiscernables. Loin d'être marginales, ces pratiques traduisent une dynamique profonde au cœur des sociétés européennes du XVIIIᵉ siècle. Les falsifications ne sont pas de simples trahisons scientifiques ou des escroqueries isolées ; elles participent d'une entreprise plus vaste de reconfiguration culturelle, où l'Antiquité est remodelée pour répondre aux attentes esthétiques, politiques et idéologiques du moment. Ce rapport prédateur à l'Antique, à la fois admiratif et destructeur, invite ainsi à repenser les fondements mêmes de la culture antiquaire des Lumières.