Thèse en cours

Le langage du droit public dans l'enseignement supérieur : entre tradition académique et innovation pédagogique.

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Auteur / Autrice : Margaux Bayard
Direction : Mélanie LopezCatherine Couturier
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit Public
Date : Inscription en doctorat le 03/11/2025
Etablissement(s) : Artois
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale en Sciences humaines et sociales
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Textes et Cultures

Résumé

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Ce projet de thèse s'inscrit à la croisée du droit public et des sciences de l'éducation. Il vise à analyser le langage du droit public dans l'enseignement supérieur, en interrogeant la tension entre la tradition académique, fondée sur la technicité et la rigueur juridique, et les dynamiques d'innovation pédagogique qui transforment aujourd'hui l'université. L'objectif est de comprendre comment l'enseignement du droit public, longtemps structuré autour du cours magistral et d'une transmission verticale du savoir, évolue face à de nouveaux enjeux : accessibilité du discours juridique, participation des étudiants et attractivité disciplinaire. Cette recherche part du constat que les pédagogies actives et les outils numériques redéfinissent les modes d'apprentissage du droit public. L'introduction de dispositifs tels que le Legal Design, la pédagogie inversée, les études de cas ou les jeux de rôle traduit une volonté croissante de rendre le droit plus visuel, concret et inclusif. Ces pratiques interrogent la manière dont le savoir juridique est transmis, compris et approprié, mais aussi la capacité du droit public à conserver sa rigueur tout en s'adaptant aux attentes contemporaines. L'analyse s'attache à la diversité des contextes dans lesquels circule l'information juridique. Elle distingue les émetteurs du savoir (enseignants-chercheurs, intervenants professionnels) et les récepteurs dont les profils et les attentes diffèrent. Ces interactions sont étudiées dans divers environnements d'enseignement (facultés, IUT, BTS, établissements publics ou privés) afin de saisir les variations dans la réception et la reformulation du discours juridique. L'étude met en lumière la cohabitation entre modèles classiques et pratiques innovantes, ainsi que leurs effets sur la compréhension, la motivation et la réussite des étudiants. Elle questionne également le niveau de formation pédagogique des enseignants-chercheurs et la manière dont celui-ci influence leur appropriation des nouveaux outils didactiques. La recherche s'articule autour de plusieurs axes complémentaires : elle examine d'abord la capacité du droit public à concilier tradition et innovation dans ses modes de transmission ; elle évalue ensuite l'impact des dispositifs pédagogiques sur l'intérêt et la réussite des étudiants ; elle interroge le rôle de la formation et de la culture pédagogiques des enseignants dans leur engagement vers le changement ; enfin, elle met en évidence la variabilité de l'adaptabilité des méthodes selon les champs et les spécialités du droit public. La méthodologie combine une analyse théorique et une enquête de terrain. Sur le plan conceptuel, elle mobilise l'histoire du langage juridique, la doctrine du droit public et les apports des sciences de l'éducation et des neurosciences de l'apprentissage. Sur le plan empirique, elle repose sur des entretiens, des observations et des groupes de discussion menés dans différents établissements afin d'identifier les pratiques d'innovation, leur réception et leurs effets sur la transmission du savoir juridique. Inscrite dans une démarche interdisciplinaire, cette thèse ambitionne de renouveler la réflexion sur la pédagogie du droit public à l'université. En articulant analyse du discours, observation des pratiques et propositions de modernisation, elle cherche à comprendre comment une discipline réputée technique peut, sans renoncer à sa rigueur, s'ouvrir à une approche plus accessible, participative et adaptée aux évolutions de la société contemporaine.