L'articulation du droit de la consommation et du droit de la propriété intellectuelle
| Auteur / Autrice : | Andréas Véniard |
| Direction : | Natacha Sauphanor-brouillaud, Sébastien Raimond |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit privé et sciences criminelles |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École Doctorale Droit et Science Politique |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre du Droit Civil des Affaires et du Contentieux Économique |
Mots clés
Résumé
Cette recherche a pour objet d'étudier l'articulation entre le droit de la consommation et le droit de la propriété intellectuelle, deux branches du droit distinctes mais dont la rencontre est de plus en plus inévitable dans le contexte actuel de transformation économique, technologique et environnementale. En effet, le droit de la consommation s'attache avant tout à protéger le consommateur, tandis que le droit de la propriété intellectuelle a pour finalité de protéger les créateurs et les titulaires de droits exclusifs afin de stimuler l'innovation D'un côté, le droit de la propriété intellectuelle vise à protéger les créateurs, les inventeurs et les titulaires de droits exclusifs, en leur conférant un monopole temporaire destiné à encourager l'innovation et la création. De l'autre, le droit de la consommation tend à garantir la liberté du consommateur, la loyauté des transactions et la durabilité des produits, dans une logique d'accès effectif aux biens et services : le consommateur doit pouvoir utiliser pleinement le produit qu'il a acquis, le faire réparer, le maintenir en état de fonctionnement ou encore le combiner avec d'autres produits compatibles. L'articulation de ces deux régimes est particulièrement délicate lorsque la propriété intellectuelle est utilisée pour restreindre la réparation, l'interopérabilité ou la circulation des biens. Les évolutions récentes du droit de l'Union européenne illustrent cette tension. Par exemple, la directive (UE) 2024/1799 sur le droit à la réparation et le règlement (UE) 2023/1670 sur l'écoconception entendent promouvoir une consommation durable en interdisant certaines pratiques des fabricants, comme les verrous matériels ou logiciels empêchant la réparation. Toutefois, ces textes réaffirment parallèlement la primauté du respect des droits de propriété intellectuelle, ce qui limite la portée réelle des nouvelles obligations. De manière plus générale, la question se pose de savoir si la propriété intellectuelle, conçue comme instrument d'innovation, ne constitue pas aujourd'hui une entrave structurelle aux objectifs du droit de la consommation. Dans ce contexte, la recherche aura pour objectif d'analyser les mécanismes juridiques permettant ou empêchant la conciliation entre ces droits qui peuvent se neutraliser mutuellement, et d'évaluer s'il est possible de repenser leur articulation afin que la protection de l'innovation ne se fasse pas au détriment des droits du consommateur.