Dégradation multi échelle des matériaux granulaires cimentés
| Auteur / Autrice : | Georgia Laskari |
| Direction : | Alessandro Tengattini |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | MG - Mécanique, génie civil |
| Date : | Inscription en doctorat le 05/01/2026 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Ingénierie - matériaux mécanique énergétique environnement procédés production |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Sols, Solides, Structures et Risques |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Les matériaux granulaires cimentés, comprenant les grès naturels et les sables artificiellement cimentés, sont courants tant dans les formations naturelles que dans les structures construites par l'homme. Leur comportement mécanique est très hétérogène, résultant des interactions entre les grains individuels et le ciment qui les lie. Les principaux processus micromécaniques régissant leur dégradation sont les dommages du ciment, le concassage des grains et le réarrangement des fragments. Les dommages du ciment correspondent à des microfissures ou au décollement du ciment, le concassage des grains désigne la fragmentation des particules, et le réarrangement des fragments traduit le déplacement et la rotation des grains, influençant directement les propriétés macroscopiques telles que la rigidité, la résistance et la ductilité. Les modèles constitutifs récents inspirés de la micromécanique intègrent des variables internes représentant ces processus, reliant les phénomènes microscopiques à la réponse macroscopique. La validation expérimentale reste cependant difficile. La tomographie par rayons X (CT) permet d'observer fissures, vides et réarrangements de grains, mais elle ne distingue pas toujours clairement les dommages du ciment du concassage des grains. L'utilisation combinée de la tomographie par rayons X et de la tomographie neutronique apporte des informations complémentaires, les neutrons étant sensibles à la composition chimique et révélant les altérations des ponts de ciment et de la microstructure. Des essais triaxiaux sur des grès artificiels utilisant ces deux modalités permettent de suivre simultanément l'évolution microstructurale et la réponse mécanique. L'analyse avancée des images, incluant segmentation et corrélation, permet de quantifier la distribution des dommages et leur impact sur le comportement du matériau. En complément des expériences, des simulations numériques multi-échelles sont employées pour étudier les mécanismes de dégradation. La méthode des éléments discrets (DEM) modélise la microstructure granulaire et les interactions entre particules, y compris leur fragmentation, tandis que la méthode des éléments finis (FEM) représente la réponse macroscopique. La création de microstructures numériques basées sur la tomographie, l'utilisation de lois de contact réalistes et l'analyse spatiale de l'évolution microstructurale permettent de relier les dégradations microscopiques aux comportements macroscopiques. Cette approche intégrée améliore la compréhension des processus complexes gouvernant la réponse mécanique des matériaux granulaires cimentés et permet des prédictions plus fiables ainsi qu'une meilleure conception des structures naturelles et artificielles.