Accélération des calculs de densité électronique par apprentissage automatique
| Auteur / Autrice : | Adrien Le priol |
| Direction : | Marc Torrent |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Physique |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2025 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Physique en Ile de France |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CEA/LMCE - Laboratoire Matière sous conditions extrêmes - DAM |
| Référent : Faculté des sciences d'Orsay |
Mots clés
Résumé
Ce projet de thèse se situe à la frontière entre la physique des matériaux et les mathématiques appliquées. La théorie de la fonctionnelle de la densité dans le formalisme de Kohn-Sham (DFT) est l'une des méthodes les plus répandues pour simuler les propriétés microscopiques en physique et en chimie du solide. Son principal avantage réside dans sa capacité à trouver un équilibre favorable entre précision et coût de calcul. L'évolution continue des techniques numériques, de plus en plus efficaces, a constamment élargi la portée de son applicabilité. Elle est utilisée pour déterminer les propriétés structurales, thermodynamiques et fonctionnelles des matériaux. Dans notre laboratoire, nous développons le code open source ABINIT (www.abinit.org) dans le cadre d'un projet collaboratif international. Un enjeu majeur est d'accélérer le calcul des propriétés des électrons. Plusieurs étapes ont déjà été franchies : certaines reposent sur du développement informatique, notamment la parallélisation sur les architectures « many-core », ainsi que le portage sur accélérateurs GPU. D'autres sont plus liées aux méthodes numériques, comme l'amélioration des algorithmes de diagonalisation, ou encore l'utilisation de méthodes élaborées d'échantillonnage statistique. Parmi ces techniques qui peuvent être associées à la DFT, l'apprentissage automatique est de plus en plus utilisé. Aujourd'hui, une application très répandue consiste à produire des potentiels capables de prédire les interactions entre les atomes en utilisant des modèles d'apprentissage supervisés, s'appuyant sur des propriétés produites en DFT. L'objectif du projet proposé dans le cadre de cette thèse est d'utiliser les techniques d'apprentissage automatique à un niveau approfondi, notamment pour prédire la densité électronique dans les cristaux ou les molécules. Comparativement à la prédiction de propriétés telles que les forces entre atomes, calculer la densité électronique pose des difficultés : la densité électronique est de haute dimension puisqu'elle doit être calculée dans tout l'espace ; ses caractéristiques sont très variables d'un matériau à l'autre (métaux, isolants, transferts de charge ). Au final, cela peut représenter un coût de calcul non négligeable. Il existe plusieurs options pour réduire la dimensionnalité de la densité électronique, comme le calcul de projections ou l'utilisation de fonctions de localisation. L'enjeu final de ce projet est de pouvoir prédire, avec la meilleure précision possible, la densité électronique, afin de l'utiliser comme base de prédiction ou point de départ pour des calculs de propriétés spécifiques aux électrons (magnétisme, structure de bandes, par exemple). Dans un premier temps, le/la candidat·e pourra implémenter des méthodes récemment proposées dans la littérature ; dans une seconde partie de la thèse, il faudra proposer des idées nouvelles. Enfin, la méthode implémentée sera utilisée pour accélérer la prédiction de propriétés de systèmes de grande taille et impliquant des transferts de charge, comme la migration de défauts dans les cristaux. Marc Torrent (directeur de thèse) est un expert de la DFT et du logiciel ABINIT, responsable de son développement. Romuald Béjaud (co-encadrant) est un spécialiste de l'apprentissage automatique, qu'il utilise régulièrement.