Représentation et mémorisation d'un événement de localisation statique en français, en anglais et en néerlandais : de la typologie des langues à l'influence translinguistique en langue seconde
| Auteur / Autrice : | Mégane Cadot |
| Direction : | Maarten Lemmens |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de l'homme et de la société |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Savoirs, Textes, langages |
Mots clés
Résumé
Cette thèse s'intéresse à l'influence du langage spatial sur la cognition chez des locuteurs natifs (L1) du français, de l'anglais et du néerlandais, ainsi que chez des apprenants en langue seconde (L2) du français et du néerlandais. Dans le domaine de la localisation statique, le français, l'anglais et le néerlandais se situent sur un continuum linguistique (Lemmens & Slobin, 2008) reflétant les aspects qui sont encodés dans le verbe. Le néerlandais encode la localisation et l'orientation d'un objet à l'aide de verbes de posture cardinaux (VPCs) (e.g., de fles staat op de tafel, litt. la bouteille est debout sur la table') alors que le français préfère l'utilisation de la copule neutre être (e.g., la bouteille est sur la table). Au milieu de ce continuum se trouve alors l'anglais, qui a le plus souvent recours à la copule neutre be 'être' mais qui accepte également l'usage de VPCs. De plus, l'étude de Lesuisse (2022) montre que ces préférences linguistiques dépassent la sphère verbale et se reflètent sur la perception, la mémorisation et la représentation de locuteurs L1 du français, de l'anglais et du néerlandais. Ces résultats soutiennent à la fois la théorie du Thinking-for-Speaking de Slobin (1996), selon laquelle les locuteurs prêtent davantage attention aux aspects qui sont encodés dans leur langue lorsque le langage est mobilisé, et celle de la relativité linguistique (Whorf, 1956), selon laquelle ces biais s'étendent à la cognition non-verbale, même lorsque le langage n'est pas explicitement mobilisé. Ces biais cognitifs, souvent ancrés depuis le plus jeune âge, limitent l'acquisition d'une seconde langue dans la mesure où l'apprenant doit parfois réapprendre à prêter attention à des aspects qu'il a appris à ignorer dans sa première langue. Ainsi, si des différences conceptuelles sont observables dans une première langue, est-ce que celles-ci ont un impact sur les représentations d'apprenants ? Sont-elles influencées par les caractéristiques de leur première langue ou témoignent-elles d'une restructuration en faveur de leur seconde langue et, si oui, à partir de quel niveau de maîtrise ? Pour répondre à ces questions, notre méthodologie repose sur des méthodes psycholinguistiques combinant des tâches verbales et non-verbales de mémorisation et de production de dessins donnant lieu à un corpus de données quantitatives et qualitatives. Le paradigme expérimental s'appuie sur la réalisation de dessins comme fenêtre vers les représentations conceptuelles et vise à explorer une nouvelle méthode prometteuse dans l'étude de l'interface entre le langage et la cognition. Notre corpus sera composé de données de locuteurs L1 de l'anglais, du français et du néerlandais ainsi que de données d'apprenants L2 du français et du néerlandais. Ces derniers seront répartis en deux niveaux de compétence afin de mesurer l'impact de la maîtrise langagière sur la restructuration conceptuelle. La comparaison entre les locuteurs L1 et les apprenants L2 nous permettra également de cibler la source de l'influence, qu'elle soit attribuée à la première ou à la seconde langue, ou encore à la proximité ou la distance typologique entre les deux langues.