L'autonomie du mouvement syndical
| Auteur / Autrice : | Maha Arroum |
| Direction : | Cyril Wolmark |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit privé et sciences criminelles |
| Date : | Inscription en doctorat le 25/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École Doctorale Droit et Science Politique |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de Recherche Juridique sur l'Entreprise et les Relations Professionnelles |
Mots clés
Résumé
Conçue en 1884 sur le modèle de la liberté individuelle, la liberté syndicale, dans sa dimension collective, s'est structurée autour des principes d'autonomie et d'indépendance. Cette autonomie s'inscrit dans une conception libérale du syndicalisme « qui a trouvé en France son expression la plus achevée » [J. Rivero et J. Savatier, Droit du travail, P.U.F., 5 éd., 1970, p. 102]. Mais cette liberté n'est pas exempte de dérives oligarchiques, ni de l'exigence d'un socle minimal de garanties démocratiques, indispensables à la légitimité des organisations professionnelles. Du concept d'autonomie émergent alors divers enjeux, à la fois juridiques, politiques et institutionnels. Si l'autonomie renvoie à la liberté d'organisation et de fonctionnement reconnue aux syndicats, il devient alors nécessaire d'en examiner les usages. En France, comme dans la plupart des pays européens, le législateur manifeste une certaine retenue, faut-il en conclure que cette matière est inaccessible à la loi ? En réalité, juge et législateur interviennent ponctuellement pour protéger les membres contre les abus de pouvoir, garantir la capacité des administrateurs syndicaux ou encore veiller à la moralité des organisations appelées à représenter collectivement les travailleurs. Sans dire le mot « démocratie », ces interventions en trahissent largement l'exigence. Une organisation peut-elle refuser l'adhésion d'un membre, et sur quels fondements ? Quid, dans ce cas, de sa liberté individuelle ? D'ailleurs, l'hétéronomie ne se manifeste pas seulement sur le plan « macro », dans le rapport du syndicat au droit, mais également sur le plan « micro », au sein même du mouvement, dans les relations entre structures fédératives et organisations affiliées. L'autonomie ne disparaît pas : elle se déplace, au prix de nouvelles formes de dépendance. Dès lors, quelle articulation entre autonomie « locale » et autorité fédérative et quelle place occupe le juge dans la résolution des conflits internes au mouvement ? En définitive, la liberté syndicale ne se comprend qu'à l'aune de la tension qui l'anime : entre autonomie et encadrement, entre liberté revendiquée et démocratie exigée. C'est à l'exploration de cette tension que se consacrera cette recherche.