Valorisation des plastiques automobiles (VHU) et d'équipements électriques électroniques (DEEE) par optimisation du recyclage des polyoléfines à base de polypropylène issues des VHU et DEEE. Apports du tri hyperspectralnNIR/MIR et analyse de la dégradation oxydative
| Auteur / Autrice : | Nicolas Kimenau |
| Direction : | Didier Perrin |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Chimie et Physico-Chimie des Matériaux |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/01/2026 |
| Etablissement(s) : | IMT Mines Alès |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences Chimiques |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : PCH - Polymères, composites, hybrides |
| Equipe de recherche : PCH - Polymères, composites, hybrides |
Mots clés
Résumé
Le secteur automobile génère chaque année plusieurs centaines de milliers de tonnes de déchets plastiques à l'échelle européenne, principalement lors de la mise en fin de vie des Véhicules Hors d'Usage (VHU). Parmi les différentes familles de polymères utilisées dans les véhicules, les polyoléfines, en particulier le polypropylène (PP), représentent près de 40 % des plastiques embarqués. Ces matériaux sont massivement employés dans des pièces telles que les pare-chocs, tableaux de bord, revêtements intérieurs, boîtiers techniques ou passages de roue, en raison de leur faible densité, coût compétitif et bonnes propriétés mécaniques. Le polypropylène est souvent utilisé sous forme chargée (avec du talc, de la calcite, des fibres de verre) pour améliorer sa rigidité, sa tenue en température et son comportement au feu. Il peut également être modifié par copolymérisation avec du polyéthylène (PP-PE) ou par incorporation de caoutchouc éthylène-propylène (PP-EPR) ou d'EPDM, afin d'améliorer sa résistance à l'impact et sa flexibilité, notamment pour les pièces extérieures soumises aux chocs. Cependant, cette diversité des formulations rend le tri et le recyclage des fractions plastiques automobiles particulièrement complexes. La présence d'additifs minéraux, de stabilisants, de pigments (notamment les noirs de carbone) et de copolymères modifie les propriétés spectrales, thermiques et mécaniques des matériaux, rendant difficile leur séparation précise et la préservation de leur valeur fonctionnelle. En conséquence, une grande partie de ces plastiques, pourtant techniquement recyclables, sont aujourd'hui sous-valorisés ou incinérés. Or, les bénéfices potentiels du recyclage de ces plastiques sont majeurs : ➢ Réduction de la dépendance aux ressources fossiles (le PP est un dérivé pétrochimique), ➢ Diminution de l'empreinte carbone des produits finis (recycler du PP consomme environ 88 % d'énergie en moins que de le produire vierge), ➢ Réduction des coûts de production pour les industriels intégrant des plastiques recyclés de haute qualité, ➢ Réponse à la pression réglementaire croissante (Directive VHU, exigences de contenu recyclé dans les pièces automobiles, taxations sur plastiques vierges, etc.), ➢ Création d'un écosystème de recyclage local et circulaire, en lien avec les centres de déconstruction, les trieurs et les fabricants de pièces. Pour exploiter pleinement le potentiel de recyclage des polyoléfines issues de l'automobile, il est donc essentiel de maîtriser la variabilité des flux et de disposer de technologies de tri avancées capables de distinguer les formulations, copolymères et états de vieillissement. Dans cette optique, la collaboration avec PELLENC ST, leader dans le développement de systèmes de tri optique par imagerie hyperspectrale NIR et MIR, permet d'élever la qualité du tri en détectant les différences subtiles entre PP vierge, chargé, copolymérisé ou dégradé. Couplée à une analyse fine de la dégradation oxydative, cette approche ouvre la voie à un tri non seulement chimique, mais aussi fonctionnel, basé sur les propriétés intrinsèques des matériaux.