La juridicisation de l'exception dans les régimes post-conflit
| Auteur / Autrice : | Raphaël Le boudec |
| Direction : | Fabrice Hourquebie |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit public |
| Date : | Inscription en doctorat le 24/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de droit |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CENTRE D'ÉTUDES ET DE RECHERCHES COMPARATIVES SUR LES CONSTITUTIONS, LES LIBERTÉS ET L'ÉTAT |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Dans beaucoup de régimes post-conflit (en particulier des guerres civiles), on observe que la sortie de la guerre ne signifie pas le retour immédiat à la normalité juridique. Au contraire, l'exception (au sens schmittien : la suspension partielle du droit au nom de la sécurité) se transforme, se pérennise et s'inscrit dans le droit lui-même. Autrement dit, l'État n'est plus formellement en guerre, mais continue à fonctionner comme s'il était toujours en situation d'exception, en lui conférant une assise légale et constitutionnelle. Ce projet de recherche portera ainsi sur la juridicisation de l'exception dans les régimes post-conflit. Il s'agira d'étudier comment, dans les sorties de guerre civile, les dispositifs juridiques censés restaurer la légalité qu'il s'agisse de constitutions, de lois de réconciliation ou de mécanismes de justice transitionnelle finissent par institutionnaliser la crise sous une forme pacifiée, transformant la paix en une exception juridiquement encadrée. L'hypothèse principale est que les régimes issus d'une guerre civile ne reviennent jamais véritablement à une normalité juridique. Les mécanismes juridiques mis en place sont présentés comme des instruments de paix, mais fonctionnent selon la même logique que pendant la guerre, à savoir la logique de l'exception, de la méfiance, de la centralisation et du contrôle. Ainsi, le droit, censé rétablir la normalité, sert en réalité à maintenir l'ordre né de la guerre sous une forme légale et légitime. Dès lors, la sortie de guerre ne marque pas la fin de l'exception, mais sa transformation en un ordre juridique fondé sur la continuité des logiques de crise.