Thèse en cours

Cent ans de contes : représentations, rôles et enjeux des personnages féminins dans Fiabe Veronesi de Ettore Scipione Righi et Fole lilole de Dino Coltro.

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Auteur / Autrice : Elisabetta Orlandi
Direction : Antonella MauriFlorian Neagu
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Langues et littératures romanes : espagnol, italien, portugais, autres langues romanes
Date : Inscription en doctorat le 18/11/2025
Etablissement(s) : Université de Lille (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de l'homme et de la société
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'Etudes en Civilisations, Langues et Lettres Etrangeres

Mots clés

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Résumé

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Cette recherche porte sur deux recueils de contes veronais : Fiabe e racconti veronesi (éd. 2004-2007)d'Ettore Scipione Righi (1833-1894) et Fole lilole (1991) de Dino Coltro (1929-2009). Bien que d'un intérêt ethnographique et littéraire majeur, ces corpus demeurent peu connus et rarement étudiés. Leur réception critique est quasi inexistante : les manuscrits de Righi n'ont été publiés qu'un siècle après leur collecte. Malgré leur richesse documentaire, ils n'ont jamais été examinés sous l'angle conjuguant critique féministe, narratologie et philosophie du care. Le champ général des études sur le conte, lui, est abondamment exploré : analyses structurales et symboliques (Propp, Lüthi, von Franz, Lévi-Strauss), approches poétiques et orales (Rak, Belmont), mise en lumière de fonctions sociales et politiques (Benjamin, Zipes). Des perspectives plus récentes (Warner, Bacchilega, Tatar, Tamas) ont révélé les enjeux de genre et le rôle des conteuses, montrant comment les récits peuvent être à la fois normatifs et émancipateurs. Mais aucune recherche n'a encore porté spécifiquement sur les recueils de Righi et Coltro. La problématique retenue interroge la représentation féminine dans ces deux ensembles : comment se configurent rôles et prises de parole des personnages et des conteuses ? Quelles évolutions s'observent sur près d'un siècle ? L'objectif est de cerner l'image de la femme entre permanence et transformation, et d'évaluer la portée critique et émancipatrice de ces récits dans le contexte contemporain. La méthodologie croise plusieurs approches : lecture thématique et symbolique (motifs, figures) ; analyse narratologique (fonctions, actants, rythmes) ; contextualisation socio-culturelle (cadres historiques, pratiques orales) ; comparaison diachronique pour mesurer continuités et inflexions. Le cadre théorique mobilise à la fois les féministes du care (Gilligan, Tronto, Laugier, Brugère), la philosophie du soin et de la narration (Cavarero, Mortari, Charon, Fleury) et les réflexions sur la construction du genre et des identités hybrides (Cixous, Butler, Haraway). Le corpus Righi regroupe 230 récits veronais de la fin du XIXᵉ siècle, publiés seulement entre 2004 et 2007. L'édition conserve le dialecte et les marques de l'oralité, mettant en valeur la parole des conteuses et des scènes de soin/hospitalité. Le corpus Coltro, issu d'enquêtes ethnographiques menées au XXᵉ siècle, restitue les contextes de performance (veillées, filò) et propose une galerie de figures féminines (héroïnes, médiatrices, antagonistes), inscrites dans des pratiques de protection et de transmission. L'originalité de la thèse tient à l'ouverture de ce corpus méconnu et à un croisement inédit entre narratologie, études de genre et philosophie du care. Trois axes structurent l'enquête : (1) les rôles relationnels et les voix féminines, (2) les transformations diachroniques entre Righi et Coltro, (3) le potentiel critique de ces récits face aux stéréotypes contemporains. Les résultats attendus comprennent un index des personnages féminins, une matrice diachronique et une grille conceptuelle transférable. L'apport visé est double : une méthode intégrée d'analyse des figures féminines dans les contes, et une mise à l'épreuve textuelle des concepts du care et de la narration.