Adoption de l'intelligence artificielle par les cabinets d'audit et d'expertise comptable en France : analyse des déterminants, enjeux, freins et perspectives
| Auteur / Autrice : | Komla Adayeke |
| Direction : | Eric-Alain Zoukoua |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de Gestion |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Orléans |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences de la Société : Territoires, Economie, Droit - SSTED |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : VALLOREM - VAL de LOire REcherche en Management |
Mots clés
Résumé
Dans un contexte de transformation numérique rapide, les cabinets d'audit et d'expertise comptable en France font face à une révolution technologique portée par l'intelligence artificielle (IA). Cette dernière, en automatisant les tâches répétitives et en améliorant la qualité des données, représente un levier stratégique d'innovation et de performance (Kokina & Davenport, 2017 ; Zhang et al., 2023). Toutefois, l'adoption de ces technologies demeure très hétérogène, en particulier entre les grands cabinets internationaux appeler les Big Four (Deloitte, PwC, EY et KPMG) et les cabinets nationaux, régionaux ou locaux ayant la forme de petites et moyennes entreprises (PME) ou de très petites entreprises (TPE). Les Big Four sont en avance dans l'adoption d'IA et investissent massivement, à hauteur de 2 milliards de dollars, pour intégrer l'intelligence artificielle dans leurs pratiques professionnelles. En 2025, le secteur des cabinets d'audit et d'expertise comptable regroupe environ 19 000 cabinets, en majorité des très petites entreprises (TPE), pour un chiffre d'affaires consolidé de 25,5 milliards d'euros et plus de 175 000 emplois. Dans ce paysage, le Conseil Supérieur de l'Ordre des Experts Comptables (CSOEC) et la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC) agissent comme catalyseurs de la transformation digitale, en multipliant les initiatives pour sensibiliser les membres de la profession. Parmi celles-ci : la création en 2022 des « Ambassadeurs de la data », des dispositifs de formations à l'IA, ainsi que des outils comme ExpertCHAT ou Image PME, visant à encourager une adoption proactive et maîtrisée de l'IA. Dès lors, il devient crucial de comprendre pourquoi certains cabinets adoptent rapidement l'IA, tandis que d'autres restent en retrait (Appelbaum et al., 2017 ; Wong & Yap, 2024 ; Mihai & Dutescu, 2022). Deux questions centrales structurent ce projet de recherche : (1) Quels sont les déterminants technologiques, organisationnels, humains et environnementaux qui influencent l'adoption de l'intelligence artificielle dans les cabinets d'audit et d'expertise comptable ? (2) Et quels facteurs expliquent les différences de temporalité entre les cabinets qui font le choix d'une adoption précoces et ceux faisant le choix d'une adoption tardive ? Pour y répondre, la thèse mobilise trois cadres théoriques rarement combinés dans ce champ des recherches en Comptabilité Contrôle et Audit : le modèle TAM (Technology Acceptance Model) de Davis (1989), le cadre TOE (TechnologyOrganizationEnvironment) de Tornatzky et Fleischer (1990), et les apports de la théorie de la diffusion de l'innovation (Diffusion of Innovation DOI) de Rogers (2003). Cette recherche s'inscrit dans une volonté de mieux saisir les conditions d'une transition numérique réussie dans les métiers du chiffre, en tenant compte non seulement des aspects techniques mais aussi des dimensions humaines, culturelles et contextuelles. Elle entend ainsi combler plusieurs lacunes de la littérature, souvent centrée sur les grands cabinets de type big four et accorde une attention limitée aux réalités organisationnelles et sociales du terrain. À terme, elle vise à proposer un modèle explicatif intégré de l'adoption de l'IA dans les cabinets d'audit et d'expertise comptable, et à formuler des recommandations opérationnelles pour accompagner une transformation numérique plus inclusive, progressive et adaptée à la diversité des cabinets opérant dans ce secteur d'activité.