Thèse en cours

Théorie et génomique des transitions sex-asex

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Auteur / Autrice : Anthéa De koninck
Direction : Thomas LenormandChristoph Haag
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : EERGP-Biologie et Ecologie Evolutives
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2025
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : CEFE - Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive
Equipe de recherche : Génétique et Ecologie Evolutive (GEE)

Résumé

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Comprendre comment et à quelle fréquence des lignées asexuées émergent au sein d'espèces sexuées est essentiel pour percer les mystères des transitions sexe-asexuées au cours de l'évolution. Une meilleure compréhension de ces transitions est une étape clé pour résoudre l'énigme évolutive de la reproduction sexuée. Ces transitions sont encore mal comprises, tant sur le plan empirique que théorique. Ce projet de doctorat vise à développer cette théorie, à concevoir et appliquer de nouvelles méthodes pour analyser les génomes des organismes asexués, et à étudier ces transitions à travers le cas test du crustacé Artemia parthenogenetica. L'asexualité peut se propager « par transmission » à partir de lignées asexuées existantes vers de nouvelles lignées, via divers types de croisements, y compris une sexualité cryptique ou une transmission via des mâles occasionnellement produits par certaines lignées asexuées. En conséquence, les lignées asexuées actuelles sont souvent le résultat d'événements répétés et imbriqués d'hybridation et de rétrocroisements. Elles peuvent aussi présenter des variations de ploïdie et une recombinaison au sein des lignées asexuées. Ces schémas peuvent être encore compliqués par l'évolution à l'intérieur même des lignées asexuées, impliquant des mécanismes similaires à ceux observés dans l'évolution des chromosomes sexuels, notamment la dégénérescence, la suppression de la recombinaison et la compensation de dosage. Sur le plan empirique, les méthodes phylogénétiques classiques et les mesures standards de distances génétiques ne sont pas adaptées pour analyser des histoires évolutives impliquant des hybridations répétées et imbriquées. Ce projet vise à surmonter ces difficultés en développant de nouvelles approches pour étudier l'origine des différentes lignées asexuées d'Artemia (de petits crustacés vivant dans des environnements hypersalés). Nous étudierons les génomes d'un grand nombre de lignées asexuées, incluant tous les polyploïdes connus et leurs apparentés sexués potentiels. Les analyses préliminaires suggèrent que toutes les Artemia asexuées, qu'elles soient diploïdes ou polyploïdes, sont apparues suite à des événements successifs et imbriqués d'hybridation, impliquant des rétrocroisements avec différentes espèces sexuées. Toutes les Artemia asexuées auraient donc un ancêtre commun et porteraient probablement le(s) même(s) gène(s) responsable(s) de l'asexualité. Cependant, nous connaissons encore peu de choses sur l'impact de l'hybridation sur l'évolution des génomes de ces lignées, et les scénarios possibles restent largement hypothétiques. Sur le plan théorique, des modèles multilocus de l'évolution des génomes asexués – avec ou sans évolution de la régulation de l'expression génique – seront utilisés pour étudier les transitions sexe-asexuées. Ces modèles traiteront à la fois de la valeur sélective initiale des néo-asexués et de leur évolution ultérieure (dégénérescence, suppression de la recombinaison, compensation de dosage). Ils s'appuieront sur les récentes avancées en simulations à l'échelle des chromosomes, développées pour l'étude des chromosomes sexuels.