La réutilisation des données de santé : proposition de cadre juridique
| Auteur / Autrice : | Clara Bechet |
| Direction : | Farida Arhab-girardin |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit Privé |
| Date : | Inscription en doctorat le 04/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Tours |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences de la Société : Territoires, Economie, Droit - SSTED |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de Recherche juridique interdisciplinaire François Rabelais |
Mots clés
Résumé
Dans le contexte de la lutte contre le cancer, les centres spécialisés associent prise en charge clinique des patients et recherche. Chaque année, une volumétrie considérable de données est ainsi collectée, dans le cadre du soin, à partir du patient lui-même. Ces données constituent une véritable richesse informationnelle pour améliorer la qualité du diagnostic et personnaliser les traitements. La recherche contre le cancer, menée par le premier Centre de Lutte contre le Cancer en Europe en est une illustration. Elle suppose une mobilisation rapide et massive des données pour traiter les sous-types rares de cancer, offrir une puissance statistique suffisante afin d'identifier leurs spécificités et améliorer la prise en charge des cas complexes. Pour autant, la réutilisation de ces données à des fins de recherche s'inscrit dans un cadre réglementaire contraignant avec des démarches administratives lourdes et multiples. Si ces procédures servent à assurer la protection des droits des patients sur leurs données, elles constituent également un frein à l'innovation et à la compétitivité scientifique et ce, à l'échelle internationale, en allongeant significativement les délais de mise en uvre des projets dans un contexte où le temps est un facteur critique. Cette situation met en lumière une contradiction fondamentale : d'une part, les données de santé relèvent d'un régime juridique renforcé aux formalités complexes, d'autre part ces données représentent un levier d'intérêt général majeur au service du progrès scientifique. Cette tension soulève alors une interrogation majeure : peut-on assurer la protection des droits et libertés des personnes concernées sur leurs données de santé tout en permettant une réutilisation efficiente de ces données au service de la recherche ? L'ambition de ce travail est de dégager un régime juridique adapté à la réutilisation des données de santé à des fins de recherche. L'importance de cette problématique ne relève pas seulement d'un intérêt doctrinal ou académique mais elle s'inscrit dans une réflexion institutionnelle notifiée au Ministère de la Fonction Publique ce qui témoigne du défi concret que cela représente aussi bien pour les chercheurs que les décideurs publics. Cette réflexion s'inscrit dans une démarche à la fois théorique et pragmatique en proposant la construction d'un cadre juridique cohérent et opérationnel adapté aux besoins de la recherche et des établissements de santé tout en respectant l'exigence supérieure de protection des droits et libertés des personnes sur leurs données de santé.