Microscopie Electronique en Transmission pour l'étude d'alliages à haute entropie (HEA) stockeurs d'hydrogène
| Auteur / Autrice : | Antonin Raynal |
| Direction : | Laetitia Laversenne |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | MAT - Matériaux |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Ingénierie - matériaux mécanique énergétique environnement procédés production |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut Néel |
Résumé
La transition énergétique vers des sources plus durables et respectueuses de l'environnement est un enjeu majeur qui s'accompagne de changements significatifs sur des aspects écologiques, économiques et sociétaux. Dans ce contexte, l'hydrogène en qualité de vecteur énergétique est un levier très prometteur (à condition qu'il ne soit pas produit à partir de sources fossiles) car sa densité énergétique est très grande. Toutefois son utilisation à grande échelle nécessite de pouvoir le stocker de manière compacte, sure, et viable économiquement. Les modes usuels de stockage, par liquéfaction et compression, ne satisfont pas ces conditions. En revanche, le stockage réversible dans des matériaux au sein lesquels l'hydrogène est chimiquement lié, aussi dénommé « stockage solide », est une alternative qui permet d'envisager un déploiement d'envergure. Parmi les matériaux considérés pour des applications de stockage solide de l'hydrogène, les alliages à haute entropie (HEA pour High Entropy Alloy) ont des propriétés remarquables, à la fois en terme de capacité de stockage et de cinétiques de sorption. Ces alliages cristallisent dans une structure cristalline simple (généralement hcp, bcc ou fcc), ils sont composés de 5 (ou plus) éléments métalliques différents, qui occupent aléatoirement les mêmes sites cristallographiques. Ainsi le désordre chimique est responsable d'une grande variété de sites d'accueil de l'hydrogène au sein de la maille. Les efforts de recherche sont portés sur la compréhension des propriétés inégalées de ces alliages par rapport aux alliages conventionnels. A ce stade, l'étude de la structure fine de ces alliages s'avère essentielle pour comprendre les propriétés de sorption de l'hydrogène et ainsi pouvoir les améliorer pour les adapter aux applications. Le travail du doctorant s'inscrit dans un projet de recherche initié à l'Institut Néel depuis cinq ans (thèse K. Marcus) sur la compréhension de la relation structure-propriétés de sorption de l'hydrogène de ces nouveaux alliages. Jusqu'à présent l'étude était menée sur des aspects purement macroscopiques, l'originalité de la thèse est de décrire finement les propriétés structurales de ces HEA en exploitant les atouts de la microscopie électronique à transmission. Un second volet d'étude, plus exploratoire, consistera à résoudre la structure cristalline de nouvelles phases hydrurées synthétisées par application de très hautes pressions (de l'ordre du gigapascal). Pour mener à bien ce travail l'étudiant(e) sera formé(e) au cours de sa thèse aux diverses techniques et méthodes disponibles sur le nouveau microscope électronique en transmission de dernière génération de l'Institut Néel mis en service en janvier 2023 : - L'imagerie à contraste chimique et résolution atomique offrira la possibilité d'examiner l'impact des variations de taille des atomes métalliques sur l'ensemble de la structure, en observant d'éventuels défauts structuraux tels que des distorsions, des défauts d'insertion, des macles ou des dislocations. La dépendance du contraste vis-à-vis du numéro atomique sur ces images pourra par ailleurs révéler d'éventuelles mise en ordre à plus ou moins longue portée des éléments métalliques. -La Spectroscopie à Dispersion d'Energie (EDS) permettra de détecter et de quantifier les nombreux éléments chimiques présents sur chaque site cristallographie. Des cartographies élémentaires pourront être réalisées pour évaluer l'homogénéité de la composition à travers plusieurs particules. -La résolution fine de la structure de ces matériaux sera possible grâce à la diffraction électronique 3D, en mettant un accent particulier sur la détection des atomes d'hydrogène dans la matrice grâce l'affinement structural en théorie dynamique, une expertise maîtrisée seulement par deux laboratoires en France, dont l'Institut Néel.