Le pluralisme des médias audiovisuels
| Auteur / Autrice : | Fanny Picchiottino |
| Direction : | Bertrand Seiller, Camille Broyelle |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit Public |
| Date : | Inscription en doctorat le 31/08/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Paris-Panthéon-Assas |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Droit public interne, science administrative et science politique - Georges Vedel |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherche en droit administratif |
Mots clés
Résumé
La présente thèse a pour ambition de proposer une réflexion juridique globale et actualisée portant sur le pluralisme des médias audiovisuels. La profonde métamorphose de l'écosystème médiatique induite par l'avènement du numérique a considérablement renouvelé les enjeux liés au sujet, parmi lesquels son appréhension par le droit. Par le biais d'une triple révolution technologique, économique, d'usage l'ère numérique a en effet remis en cause l'efficacité des instruments juridiques mobilisés pour garantir l'exigence de pluralisme. L'aggravation des phénomènes de concentration médiatique conjuguée à l'émergence d'une chaîne de télévision d'opinion ont ainsi révélé les limites d'un cadre légal et administratif conçu pour les médias audiovisuels hertziens à l'ère pré-numérique. Partant de ce constat, cette thèse entend nourrir l'analyse théorique du pluralisme des médias audiovisuels à l'ère numérique, au service d'une réflexion prospective susceptible de contribuer à l'évolution du modèle de régulation français. Le premier axe de la recherche sera consacré à l'essai d'une nouvelle définition de la notion de « pluralisme des médias audiovisuels », afin de déterminer les conditions de sa pleine effectivité à l'ère numérique. Cette démarche théorique sera prolongée par l'identification nécessaire de son fondement juridique contemporain, duquel dépend la légitimité de l'intervention publique dans le secteur audiovisuel. Face à la profusion des vecteurs de diffusion désormais disponibles, l'exigence de pluralisme ne peut en effet plus être légitimement présentée comme la simple contrepartie de l'occupation privative du domaine public hertzien et appelle une justification renouvelée. Le second axe de la recherche sera dédié à l'étude des perspectives de réforme du modèle français de régulation du pluralisme des médias audiovisuels. L'émergence de nouvelles formes d'activités audiovisuelles à caractère médiatique dans l'espace numérique imposera de rediscuter le champ d'application de l'exigence de pluralisme, marqué par une grande asymétrie réglementaire entre les médias audiovisuels traditionnels et les grandes plateformes numériques. Cette réflexion conduira à reconsidérer les diverses modalités juridiques de la mise en uvre d'une telle exigence, dans sa dimension dite « externe » (existence d'une pluralité de services de médias) et sa dimension dite « interne » (diffusion d'une diversité des courants de pensée et d'opinion au sein d'un même média). Cette analyse sera enfin complétée par une réflexion autonome sur le « pluralisme d'exposition », notion émergente interrogeant les nouveaux enjeux juridiques liés à la visibilité des contenus audiovisuels sur les grandes plateformes numériques.