Programme électronucléaire: optimisation technico-économique et gestion des infrastructures et du cycle nucléaire
| Auteur / Autrice : | Albin Gagnepain |
| Direction : | Sophie Demassey, Nicolas Thiollière |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Contrôle, optimisation, prospective |
| Date : | Inscription en doctorat le 03/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Paris sciences et lettres |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences et technologies de l'information et de la communication |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Mathématiques et Systèmes |
| Equipe de recherche : CMA - Centre de Mathématiques Appliquées | |
| établissement opérateur d'inscription : Mines Paris-PSL |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
La lutte contre le changement climatique appelle un changement drastique de nos sociétés et constitue un défi fondamental pour l'humanité. En ce sens, l'Accord de Paris appelle sans ambiguïté une transition vers des systèmes décarbonés jusqu'à un objectif « net zéro » afin que l'activité humaine soit climatiquement neutre et que la température se stabilise. Bien qu'une décarbonation profonde et rapide puisse encore nous permettre d'atteindre l'objectif climatique de moins 2°C (jusqu'à 1,5°C) d'augmentation des températures, cette fenêtre d'opportunité se referme rapidement et le monde est encore bien loin de remplir ces objectifs climatiques. Les filières énergétiques doivent donc évoluer fortement notamment avec le développement à grande échelle des énergies renouvelables et des questions se posent sur la place de l'énergie nucléaire dans la décarbonation. En particulier, le rôle du nucléaire dans l'électrification des usages pour décarboner le mix énergétique au niveau mondial est à la fois prépondérant et débattu. Face à ces enjeux et questionnements, les modèles prospectifs ont vocation à éclairer le débat public en permettant d'explorer les futurs possibles de nos sociétés et ainsi nous aider à prendre des décisions pertinentes. Pour interroger la résilience du futur mix électrique dans le contexte de transition, nous proposons de renforcer la représentation de la filière nucléaire dans le modèle mondial d'évaluation intégré long terme TIAM-FR, avec, notamment, la flexibilité des réacteurs, le cycle des combustibles, la synergie avec l'environnement, ou les choix politiques et sociaux. En particulier, des aspects à considérer résident dans l'intégration d'une gestion endogène du cycle du combustible, ouvrant sur les contraintes liées à l'extraction minière et l'enrichissement de l'uranium, mais aussi, au recyclage et à la gestion durable des déchets nucléaires, sans oublier les problématiques liées à la disponibilité en eau. Nous développerons alors ainsi des scénarios à l'échelle de différentes régions (comme l'Europe, la Chine et l'Inde, les États-Unis d'Amérique) portant sur les perspectives de développement de la filière nucléaire sous le prisme du développement technologique, mais aussi, des stratégies politiques internationales et des externalités liées à ces solutions. Le formalisme mathématique sous-jacent à de nombreux modèles de planification intégrés, dont TIAM-FR, est celui de la programmation linéaire, car la résolution de ces modèles de très grandes tailles peut alors être réalisée par des algorithmes génériques, puissants et robustes. La complexité croît cependant avec la portée du modèle et des algorithmes alternatifs, tenant compte des spécificités du modèle, peuvent s'avérer plus efficaces. Dans ce projet, nous proposons d'implémenter une méthode de résolution exacte basée sur une décomposition temporelle du modèle, visant trois objectifs : limiter le coût de calcul en ressources et en temps, appréhender les différences d'échelles des modèles sans nécessité de les homogénéiser, mieux donner à voir l'impact des stocks de ressources qui apparaissent dans le couplage inter-temporel de la planification. Au final, ce projet comprend trois volets interdépendants : 1/ identifier les données clés, relatives au nucléaire, requises pour fiabiliser les modèles et les prioriser ; 2/ les formuler dans un modèle technico-économique du système énergétique mondial comme données endogènes ou comme scénarios et les évaluer ; 3/ mettre en uvre un algorithme de résolution par décomposition adapté pour appréhender les différences d'échelles.