Thèse en cours

Dignité humaine et environnement

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Auteur / Autrice : Joseph Madimba biasua
Direction : Laurent Fonbaustier
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit public
Date : Inscription en doctorat le 30/09/2025
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : Droit, Economie, Management
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : IEDP - Institut d'Etudes de Droit Public
Référent : Faculté de droit, économie, gestion

Mots clés

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Résumé

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Face à l'amplification des bouleversements écologiques, le droit parait de plus en plus désarmé. L'inefficacité des outils juridiques jusqu'ici mobilisés se révèle à l'évidence aussi bien du changement climatique que de la pollution globale et de la perte de la biodiversité. Le bilan manifestement négatif, qui vaut autant pour la voie objective de la protection de l'environnement (sans consécration formelle d'un droit à l'environnement) que pour l'approche subjective de celle-ci (via la garantie normative ou jurisprudentielle d'un droit à l'environnement), a une incidence nocive désormais établie sur tous les droits fondamentaux. La reconnaissance en 2022 par l'Assemblée générale des Nations Unies du droit d'accès à un environnement propre, sain et durable comme un droit essentiel à la pleine jouissance de tous les droits de l'homme est une invitation aux Etats à renforcer les mécanismes juridiques nationaux et internationaux dans le but de réaliser une préservation complète de l'environnement. Dans cette perspective d'un renouveau du droit de l'environnement, le concept de dignité humaine semble constituer un atout particulièrement intéressant. En fondant la protection de l'environnement sur cette valeur éminente des ordres juridiques nationaux et supranationaux, il deviendrait possible de parvenir à une prévalence des intérêts environnementaux sur les libertés économiques (et notamment la liberté d'entreprendre et la liberté du commerce et de l'industrie). Le passage d'une logique de conciliation vers une démarche de hiérarchisation entre ces différents enjeux généralement en tension permettrait d'entrevoir l'horizon d'une « co-viabilité socio-écologique », c'est-à-dire une interdépendance des humains au vivant, résultant des interactions entre systèmes humains et non-humains. Au-delà de cet intérêt opérationnel, cependant, la dignité humaine se trouve être le fer de lance de la pensée écologique contemporaine. Qu'il s'agisse de la problématique de droits de la nature, de la question de droits de l'humanité, ou encore de l'idée de démocratie écologique, rien ne semble pouvoir se passer de vertus intégratives de la dignité humaine. Toutefois, si elle s'avère être un rempart contre la crise écologique, la dignité humaine pourrait aussi être regardée comme la cause profonde de la dégradation environnementale. Sous cet angle, le concept aurait conservé l'aven séparatiste et hégémonique de la « dignitas » classique. Réservée au genre humain, la dignité aurait littéralement induit, au profit de ce dernier, une sorte de ius abutendi (droit de disposition) qui se serait déployé frugalement au fil des siècles avant d'atteindre son climax avec la révolution thermo-industrielle. C'est cette conception utilitariste de la nature, fondée sur la recherche du Progrès et l'amélioration des conditions de vie pour les humains, qui aurait occasionné une anthropisation effrénée de la nature aux conséquences biocides. C'est ce double aspect de la dignité humaine dans ses rapports avec l'environnement que la thèse envisagée entend analyser. A l'image du « pharmakon » grec, la dignité humaine, selon qu'elle est inclusive ou exclusive, apparait être à la fois un remède et un ferment à la dégradation environnementale.