Thèse en cours

L'étude du corps préfectoral dans l'Algérie coloniale sous l'angle du fait religieux et des relations avec l'armée de l'été 1940 à l'été 1942

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Auteur / Autrice : Isabelle Calmels
Direction : Pierre Allorant
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit Public
Date : Inscription en doctorat le 10/09/2025
Etablissement(s) : Orléans
Ecole(s) doctorale(s) : Sciences de la Société : Territoires, Economie, Droit - SSTED
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : CRJP - Centre de Recherche Juridique Pothier

Résumé

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Cette étude va nous immerger dans une époque agitée et sombre de l'Histoire de la France. Elle a pour commencement l'année 1942 pour se terminer en 1962. Elle constitue une fresque d'un Empire français vichyste à un territoire en guerre pour tenter de conserver un maillon essentiel de son Empire, l'Algérie, à l'indépendance. L'Algérie coloniale, de 1942 à 1962 c'est l'institutionnalisation d'une administration civile, le corps préfectoral, initiée sous le régime pétainiste. Au quotidien, ces hauts fonctionnaires doivent développer des relations de confiance avec leur entourage et en premier lieu avec les gouverneurs généraux qui sont les supérieurs hiérarchiques immédiats du Préfet, en second lieu avec les parlementaires, députés et sénateurs et en troisième lieu avec les autorités militaires avec lesquelles il faut bien évidemment composer sur les questions liées à l'insécurité. Le sort et le destin de la France et de l'Algérie sont intimement liés depuis le 24 février 1834, date de l'ordonnance royale. C'est pourquoi, le régime de Vichy s'est employé à mettre en oeuvre son projet politique et la régionalisation du corps préfectoral en a été une des illustrations tout comme l'épuration du personnel administratif. Ainsi, dans le bouleversement de la seconde guerre mondiale, le régime de Vichy a voulu marquer une reprise en main de l'administration civile entre mouvements d'ampleur et de révocation. Or, mettre en avant cette administration civile c'est oublier que l'Algérie a été conquise non pas par une autorité civile mais par une armée. De fait, la régionalisation du corps préfectoral a pu être mal vécue par une armée qui avait conquis un territoire autrefois non souhaité par la France. Il ne faut pas oublier que la création en 1848 de trois préfectures en Algérie - Alger, Oran et Constantine - n'a jamais été acceptée par les militaires. Les frictions et les conflits entre l'administration civile et l'armée n'ont donc pas manqué. Au fil des gouvernements, les Préfets ont perdu et retrouvé des prérogatives qu'ils avaient perdu au profit des militaires comme le maintien de l'ordre. Les changements de régime contribuent à faire évoluer les relations entre les institutions civiles, le pouvoir politique et l'armée. Les institutions doivent alors chercher à assurer leur cohésion interne et ne pas perdre leur place au sein de la société civile. Il leur faut veiller à préserver les intérêts de la Nation et ici de l'Empire français en Afrique du Nord. Or les changements de régime ont pu contribuer à modifier ces relations, du moins à les faire évoluer. La présence de l'Église catholique en Algérie est ancienne. Installée depuis 1838, l'Église est devenue au fil du temps, le pilier de l'Algérie coloniale. Réputée silencieuse, il est difficile pour tout catholique, membre du clergé ou non, autorité ecclésiastique ou non, de s'exprimer dans un pays musulman. Cela explique sans doute d'ailleurs que l'étude de l'Algérie coloniale sous l'angle du fait religieux n'ait été que très peu abordée par les auteurs. Pourtant, l'Eglise catholique, tout au long de la colonisation, est restée proche des autorités coloniales françaises soit parce que l'Eglise soutenait les actions de l'État soit par nécessité. Cette thèse va s'employer à travailler et étudier les interactions entre l'Église catholique et l'Empire français, au travers du corps préfectoral, dans l'Algérie coloniale et mettre à jour les tensions parfois latentes qui en ont résulté durant la guerre d'Algérie mais également les proximités qui ont pu exister durant le régime de Vichy. L'étude de ces interactions entre 1942 et 1962 révèle les positions parfois ambivalentes qu'a pu avoir l'Eglise catholique vis à vis de l'action de l'Etat français tenaillée entre le soutien à l'ordre colonial et la volonté de préserver son rôle de missionnaire dans une terre musulmane. Il est donc question de saisir la complexité des relations entre les institutions religieuses et l'Empire français.