Des enfants à la cour. Versailles, XVIIIe siècle
| Auteur / Autrice : | Luc Grosshans |
| Direction : | Olivier Poncet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Histoire moderne |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Paris sciences et lettres |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Histoire moderne et contemporaine |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre Jean Mabillon |
| établissement opérateur d'inscription : École nationale des chartes (Paris) |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Loin de l'idée souvent admise d'une absence d'enfants à la cour de France, l'espace aulique est traversé par des jeunes gens d'horizons sociaux divers. Au XVIIIe siècle, tôt amenés à travailler, les enfants participent à l'économie de la cour qu'ils y soient institutionnellement rattachés ou non. Au-delà du cas des Enfants de France et de rares exemples célèbres, comme Ernestine Lambriquet ou Louis Benoît Zamor, ils sont généralement invisibles dans les sources. Un tel silence peut en fait indiquer que la présence d'enfants ne détonne pas dans la trame du quotidien à la cour. L'enfance constitue également une période transitoire dont la définition variable en rend difficile la saisie dans les sources. L'agrégation des indices d'une présence enfantine permet de révéler la reconnaissance et l'institutionnalisation qu'en fait l'administration aulique. Comme les enfants royaux dont la vie est organisée autour d'une Maison, conçue comme espace de service et de représentation, le quotidien des jeunes gens qui travaillent à la cour ou dans sa périphérie et celui des enfants du personnel aulique sont encadrés par l'institution aulique. Qu'ils évoluent dans les marges statutaires, comme commissionnaires ou comme journaliers, ou qu'ils uvrent au cur même de l'espace palatial, comme domestiques ou comme compagnons des Enfants de France, les jeunes gens se fondent dans la masse des travailleurs invisibles qui, en coulisse, font fonctionner le théâtre aulique. L'étude de leur présence permet de mettre en évidence la pluralité des modes d'appartenance à la cour et d'en tester les limites socio-spatiales. Elle contribue à l'écriture d'une histoire de la cour par le bas, faite de l'agrégation d'une multiplicité d'expériences de la réalité aulique.