Thèse en cours

Réseaux de tenseurs pour le magnétisme frustré

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Auteur / Autrice : Matthieu Deschamps
Direction : Benjamin Canals
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Physique Théorique
Date : Inscription en doctorat le 06/10/2025
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale physique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut Néel
Equipe de recherche : MCBT

Résumé

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Le projet sera consacré à l'étude numérique de la physique exotique des systèmes magnétiques frustrés à l'aide de réseaux de tenseurs. La compétition entre contraintes incompatibles peut mener à des comportements exotiques, observée par exemple dans certains composés métalliques ou oxydes magnétiques, ou encore les systèmes de spins artificiels, modélisés à l'aide de Hamiltoniens de spins dont la simplicité apparente est trompeuse. En effet, cette frustration donne la plupart du temps naissance à des espaces d'états très complexes : un terrain fertile pour prédire et observer des phénomènes collectifs inhabituels. Les phases de Coulomb magnétiques, dont les états fondamentaux sont définis par des lois locales de conservation (Coulomb, Ampère), donnent par exemple naissance à des quasi-particules émergentes de nature magnétique (p.ex. monopôles magnétiques). Des travaux récents ont révélé une multitude de nouvelles possibilités dans des modèles théoriques ajustés. Or, historiquement, de nombreux exemples montrent que la physique exotique persiste au-delà des points spéciaux, ce qui explique son observation dans une grande diversité d'expériences. Le projet de thèse contribuera à établir le cadre général qui englobe les phases de Coulomb, les phases fragmentées, et autres phénomènes analogues, et à mieux comprendre leur surprenante robustesse. La première partie de la thèse se concentrera sur la renormalisation dans l'espace réel. Le potentiel numérique des TNs, connus pour leur succès à 1D ou souvent utilisés pour défier les ordinateurs quantiques dans la course à la « suprématie quantique », n'est plus à démontrer. Ils rencontrent cependant des difficultés dans la simulations de modèles contraints. Ainsi, leur application à des systèmes 2D ou 3D frustrés, quantiques ou classiques, peut poser des problèmes fondamentaux: dans la limite classique et à 2D, nous avons identifié et résolu une famille de tels écueils. Or, les TNs pour systèmes quantiques (respectivement classiques) 2D et 3D nécessitent l'évaluation systématique d'objets équivalents à des systèmes classiques de même dimension (respectivement d'une dimension inférieure). L'identification de défis techniques dans l'étude des systèmes frustrés classiques coexistant avec un succès important des méthodes existantes pour les systèmes quantiques (iPEPS) pose un certain nombre de questions cruciales auxquelles le projet de doctorat s'attellera.