Transfert des poussières de route dans la zone critique : quantification dans les compartiments terrestres et aquatiques et impact sur les organismes vivants
| Auteur / Autrice : | Zoé Arrigoni |
| Direction : | Emmanuel Naffrechoux, Emilie Realis-doyelle |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Biodiversité, écologie, environnement |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Chambéry |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences Ingénierie Environnement |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Environnements, Dynamiques et Territoires de la Montagne |
| Equipe de recherche : Zone Critique |
Mots clés
Résumé
Ce projet de recherche concerne l'étude de la pollution de la zone crique causée par les poussières de chaussées (RD pour l'acronyme anglophone de Road Dust). Ces poussières, représentant une source de pollution émergente, sont constituées d'un mélange de particules de dimensions comprises entre 0,1 et 200 µm. Elles sont générées par l'abrasion des pneus (TW pour tyre wear), des freins (BW pour brake wear) et du revêtement des routes (RW pour road wear) lors de la circulation des véhicules motorisés. Ces poussières sont constituées des minéraux et de l'asphalte du revêtement routier, de métaux, de caoutchouc synthétique et d'additifs organiques à la gomme des pneus. Elles peuvent être transférées de la source d'émission via l'atmosphère pour les particules les plus fines (<10µm) ou via le ruissellement des eaux de pluie pour les particules plus grosses jusqu'aux milieux environnants, et impacter négativement les organismes aquatiques ou terrestres. Au sein de ces poussières, les particules d'usure de pneus et de route (ou TRWP pour l'acronyme de tyre road wear parcles) posent depuis quelques années de nouvelles préoccupations environnementales, nécessitant une compréhension approfondie de leur distribution dans les différents compartiments des écosystèmes anthropisés pour une évaluation précise des risques associés à leur présence. Le travail de thèse mobilisera des compétences en chimie de l'environnement et en écotoxicologie. Il vise à (i) identifier les voies de transfert principales des TRWP aux milieux aquatiques et terrestres, en évaluant leur présence dans les sols, les sédiments et les eaux ; (ii) analyser la spéciation in-situ de certains xénobiotiques organiques ou métalliques, en identifiant leurs formes chimiques et leur bioaccumulation ; et (iii) évaluer les impacts toxiques de ces particules sur des organismes terrestres et aquatiques, via une approche multiparamétrique comprenant des paramètres physiologiques (survie, croissance, alimentation, reproduction), comportementaux et de stress (oxydatif et neurotransmetteur). Les expérimentations comporteront une approche in natura pour les deux premiers objectifs et une autre in vitro pour le troisième. Les organismes présents dans les compartiments terrestres (oligochètes) et aquatiques (juvéniles de poisson) seront étudiés pour déterminer leur capacité à bioaccumuler les xénobiotiques des RD dans le milieu naturel et utilisés également pour les essais d'écotoxicité. En combinant ainsi analyses environnementales, études de spéciation et bioaccumulation avec des expériences d'écotoxicologie, cette recherche permettra de mieux comprendre les risques associés à la pollution par les poussières de route et de proposer des solutions concrètes, fondées sur la nature, pour réduire leur impact sur les écosystèmes.