Biomarqueurs circulants de la dysfonction cérébrale dans la dystrophie myotonique de type 1
| Auteur / Autrice : | Panagiotis Strevinas |
| Direction : | Mario Gomes pereira |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Génétique et génomique |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Complexité du vivant |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de Recherche en Myologie |
| Equipe de recherche : Repeat Expansions & Myotonic Dystrophy - REDs |
Mots clés
Résumé
Contexte La dystrophie myotonique de type 1 (DM1) est une maladie rare et multisystémique causée par une expansion de triplets CTG dans le gène DMPK. Si l'atteinte musculaire est prédominante, les symptômes neurologiques (en particulier les troubles cognitifs et comportementaux) figurent parmi les plus invalidants, notamment dans les formes congénitales et juvéniles. Malgré leur importance clinique, les mécanismes sous-jacents de la dysfonction du système nerveux central (SNC) dans la DM1 demeurent mal compris. En particulier, la communication altérée entre neurones et astrocytes semble jouer un rôle pathogène central, contribuant aux déséquilibres des neurotransmetteurs, aux défauts synaptiques et au déclin cognitif. Avec l'avancée des thérapies ciblant l'ARN, il devient urgent d'identifier des biomarqueurs peu invasifs reflétant l'atteinte cérébrale et permettant de guider la stratification des patients ainsi que le suivi thérapeutique dans les essais cliniques. Défi scientifique À ce jour, il n'existe pas de biomarqueurs robustes et spécifiques du SNC pour la DM1. La contribution des anomalies de signalisation neurogliale reste insuffisamment caractérisée au niveau moléculaire, et les outils translationnels pour suivre la pathologie cérébrale font défaut. Les vésicules extracellulaires (EVs) se sont imposées comme des vecteurs prometteurs de biomarqueurs circulants. Elles reflètent l'état moléculaire de leurs cellules d'origine et peuvent être isolées à partir de biofluides accessibles tels que le sang et le liquide céphalorachidien (LCR). Les EVs sont de plus en plus reconnues comme transporteurs d'ARN et de protéines pertinents pour diverses maladies. Toutefois, leur potentiel pour décrypter les défauts de communication neurogliale et identifier des biomarqueurs cérébraux spécifiques dans la DM1 reste inexploré. Objectif global Ce projet vise à identifier et valider des biomarqueurs moléculaires associés aux EVs et reflétant la dysfonction cérébrale dans la DM1. L'objectif ultime est de définir un ensemble de biomarqueurs peu invasifs destinés à la stratification des patients et au suivi thérapeutique, avec une pertinence directe pour les futurs essais cliniques. Méthodologie Je utiliserai des cultures primaires de neurones et d'astrocytes issues de souris DMSXL afin d'isoler les EVs par ultracentrifugation et approches chromatographiques. Un profilage transcriptomique et protéomique sera réalisé à l'aide de séquençage de nouvelle génération et de spectrométrie de masse. Les analyses bio-informatiques permettront d'identifier les ARN et protéines différentiellement exprimés, avec un accent particulier sur ceux impliqués dans la communication neurogliale. La pertinence fonctionnelle sera testée in vitro par modulation des gènes candidats dans des modèles de co-culture et par l'évaluation des fonctions neuronales et gliales (morphologie, expression génique, essais métaboliques). Un volet préclinique explorera la réponse de ces biomarqueurs à de nouvelles approches thérapeutiques développées au laboratoire, afin d'évaluer leur utilité comme paramètres pharmacodynamiques. Les biomarqueurs prometteurs seront ensuite validés dans des modèles murins et des échantillons de patients. Résultats attendus et impact Ce projet devrait permettre une meilleure compréhension des anomalies de signalisation entre neurones et astrocytes dans la DM1 ; l'identification d'une signature moléculaire de l'atteinte cérébrale de la DM1, capturée dans les EVs ; des données initiales sur la réponse des biomarqueurs à des thérapies, ouvrant la voie à leur intégration dans les protocoles d'essais cliniques ; une liste restreinte de biomarqueurs candidats présentant une applicabilité clinique. Les résultats de ce travail contribueront à combler une lacune critique dans la chaîne translationnelle de la recherche sur la DM1, en permettant le développement de biomarqueurs non invasifs du SNC pour le suivi de la maladie et l'évaluation des approches thérapeutiques.