La restriction de garantie
| Auteur / Autrice : | Jules Tsee woon yuen |
| Direction : | Didier Krajeski |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Toulouse Capitole |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Droit et Science Politique |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : IEJUC - Institut des Etudes Juridiques de l'Urbanisme, de la Construction et de l'Environnement |
Mots clés
Résumé
La garantie d'assurance constitue l'obligation principale de l'assureur. Elle est systématiquement soumise à des limitations. L'efficacité de la couverture est toujours conditionnée et diminuée par des stipulations contractuelles. L'étude de ces modulations contractuelles s'articule autour de la notion de « restriction de garantie », qui n'est ni consacrée ni définie par le législateur. Cette notion est essentiellement issue d'une construction prétorienne, visant à regrouper les clauses qui réduisent ou modulent l'étendue de l'indemnisation de l'assuré. Sont classiquement englobées les exclusions conventionnelles, les conditions de garantie et, de manière moins consensuelle, les limitations financières (plafonds et franchises). L'absence de conceptualisation légale engendre un régime hétérogène, source d'une insécurité juridique pour l'assureur, exposé au risque d'inopposabilité de ses clauses, et pour l'assuré, confronté à des niveaux de protection inégaux. La restriction de garantie est au carrefour de deux exigences essentielles mais contradictoires : la liberté contractuelle de l'assureur de maîtriser son risque et la nécessité de protéger l'assuré contre des clauses susceptibles de vider la garantie de sa substance. L'enjeu premier de cette thèse réside dans la qualification précise des stipulations, car le régime juridique applicable en dépend. Il est donc fondamental de déterminer si une définition de la notion de restriction de garantie doit et peut être établie ; et si des critères précis permettent de distinguer sans équivoque les notions qui y seraient subordonnées. La dénomination choisie par les parties ne s'imposant pas au juge, les requalifications d'une condition en exclusion - et inversement - ont de graves conséquences sur l'obligation de garantie due par l'assureur et donc sur l'étendue effective de la protection de l'assuré. L'autre enjeu consiste à analyser si le régime actuel des restrictions de garantie, caractérisé par son éclatement, garantit l'équilibre contractuel et la sécurité juridique, ou si une rationalisation est souhaitable. L'hétérogénéité des régimes se manifeste principalement entre deux types de restriction : les exclusions conventionnelles et les conditions de garantie. Les premières sont soumises à un régime strict prévu par le Code des assurances et précisé par la jurisprudence, les secondes relèvent d'un régime exclusivement prétorien, bien plus souple. Cette différence de régime génère un abondant contentieux de requalification. L'inégalité de protection et l'insécurité juridique générées par la fragmentation des régimes de validité appellent une réforme. Deux approches sont considérées : une unification intégrale, en soumettant toutes les restrictions au formalisme strict de l'exclusion, améliorant la cohérence et la protection, au risque d'entraîner une surcharge du contrat et une dilution des clauses qui méritent d'être mises en évidence - ce qui produirait des effets contraires à ceux escomptés. D'un autre côté, un régime mixte fixerait une base commune d'exigences générales pour toutes les restrictions, en conservant un régime renforcé pour les exclusions, qui sont les clauses les plus périlleuses. Sur le plan probatoire, le régime issu du droit commun reste différencié, équilibré et justifié : l'assuré prouve que le sinistre rentre dans l'objet de la garantie et que les conditions de garantie sont remplies ; l'assureur prouve l'existence et la réunion des conditions d'application de l'exclusion ou de la déchéance. Son maintien est un argument vers un régime différencié. Cette thèse se propose d'analyser la notion, les critères de distinction et les régimes applicables pour plaider en faveur d'une clarification conceptuelle des restrictions de garantie et d'une rationalisation normative afin de mieux garantir la sécurité juridique de l'assureur dans sa limitation du risque tout en assurant la protection effective et lisible de l'assuré dans la continuité d'une logique consumériste.