« Maladies des femmes » et savoirs gynécologiques en France aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles
| Auteur / Autrice : | Emma Pacchiana |
| Direction : | Pierre-Yves Lacour |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | HISTOIRE spécialité Histoire moderne |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier Paul-Valéry |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CRISES - Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Du milieu du XVIIIe siècle à la fin du XIXe siècle, les savoirs sur le corps féminin sont progressivement formalisés en France. Si, dès la fin du XVIIe siècle, les « maladies des femmes » ont une place dans la littérature médicale, ce n'est qu'entre les XVIIIe et XIXe siècles que ces savoirs se structurent en un champ autonome : la gynécologie. Située à l'intersection des histoires des savoirs et du genre cette approche invite à tisser une histoire sociale de la médecine des femmes. Cette thèse se propose d'examiner la formation de cette spécialité médicale en analysant les conditions dans lesquelles un ensemble de savoirs jusque-là hétérogènes relevant de l'obstétrique, de la chirurgie ou de la médecine se sont progressivement constitué en un domaine structuré, doté de ses propres institutions, objets, pratiques, et usages. En interrogeant la manière dont les corps féminins ont été saisis et gouvernés par et avec les savoirs médicaux, cette étude s'articule autour de trois axes principaux. Le premier concerne la production des savoirs. Il vise à interroger la transition entre l'ancienne catégorie des « maladies des femmes » et les nouveaux savoirs gynécologiques. L'enjeu est ici de comprendre comment un ensemble dispersé de pathologies a pu se constituer en un sous-champ médical à part entière, en analysant ce que cette construction doit à une vision genrée des corps. Le deuxième axe porte sur la professionnalisation. L'étude s'intéressera à la spécialisation médicale autour de la santé des femmes, en examinant les reconfigurations des pratiques, des enseignements et des formes d'expertises. Cette mutation s'inscrit à la fois dans des luttes d'autorité anciennes, opposant médecins, chirurgiens et sages-femmes, mais également au sein des dynamiques du XIXᵉ siècle, marqué par la création de chaires et services hospitaliers dédiés. Enfin, le troisième axe interroge les pratiques de la gynécologie, la question des objets médicaux, des gestes professionnels, des lieux de soin spécifiques et la manière dont ces savoirs sont appropriés, utilisés, voire reconfigurés par de multiples acteurs. L'objectif est d'analyser la construction de la gynécologie dans la transition entre les périodes moderne et contemporaine comme le produit d'un dialogue permanent entre les sphères savantes et les acteurs du soin des femmes.