Thèse en cours

Mieux comprendre l'impact de la mort chez les soignants:causes, conséquences et prévention

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Auteur / Autrice : Marie Gabrielle Courtès
Direction : Fiona Ecarnot
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Médecine, pathologie cardiorespiratoire et vasculaire
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2025
Etablissement(s) : Besançon, Université Marie et Louis Pasteur
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Environnements, Santé
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Soins Intégrés, Nanomédecine, IA & Ingénierie pour la Santé

Mots clés

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Mots clés libres

Résumé

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La mort des patients est une réalité incontournable pour les soignants, particulièrement en cardiologie, chirurgie et anesthésie-réanimation, où la fréquence des décès est élevée en raison des pathologies aiguës et chroniques. Cependant, les conséquences émotionnelles et psychologiques de cette exposition sont souvent sous-estimées, contribuant à des phénomènes tels que l'épuisement professionnel, la fatigue de compassion et la détresse morale. Ces difficultés affectent non seulement la santé mentale des soignants, mais aussi la qualité des soins et l'organisation des services. Les décès peuvent être brutaux, générant un choc émotionnel et un sentiment d'impuissance, ou anticipés, notamment dans les maladies chroniques, bien que ces derniers restent éprouvants malgré leur prévisibilité. Les recherches soulignent que la répétition des décès en soins intensifs et cardiologie constitue un facteur de stress majeur, menaçant l'équilibre psychologique des soignants. La fatigue de compassion, résultant d'une exposition prolongée à la souffrance, peut entraîner un désengagement et une baisse de la qualité des soins. De plus, les dilemmes éthiques liés aux décisions de fin de vie aggravent cette détresse. Intégrer les soins palliatifs à la prise en charge des patients en phase terminale permettrait de mieux accompagner les malades tout en allégeant le poids émotionnel des soignants. Cependant, en médecine de court séjour, ces derniers manquent souvent de temps, de formation et de motivation pour cet accompagnement, menant à des stratégies d'évitement et à une difficulté persistante à aborder la mort, tant avec les patients qu'en équipe. L'impact de la mort des patients sur les soignants varie selon leur profession et leur niveau d'expérience, constituant un enjeu majeur pour l'ensemble du personnel hospitalier (médecins, infirmiers, aides-soignants, etc.). Bien que les soignants ne soient pas directement responsables des décès des patients, leur exposition à la mort peut être émotionnellement marquante, soulignant la nécessité d'aborder ces problématiques dès la formation initiale. Néanmoins, si certaines recommandations officielles encouragent des dispositifs de soutien comme les groupes de parole et les programmes psychologiques, ces ressources restent rares et peu accessibles. Les recherches montrent que le soutien entre pairs et des dispositifs de supervision clinique peuvent atténuer l'impact émotionnel de la mort, mais ces ressources restent insuffisantes, particulièrement dans les services non spécialisés en oncologie ou en soins palliatifs. Une étude récente menée auprès de 800 cardiologues, chirurgiens cardiaques et anesthésistes-réanimateurs cardiaques révèle des taux alarmants de stress post-traumatique et de dépression nécessitant une prise en charge psychologique. Ces résultats mettent en évidence l'urgence de reconnaître l'impact émotionnel de la mort des patients et d'adapter les dispositifs de formation et de soutien aux particularités des décès brutaux et anticipés. Dans ce contexte, il est donc impératif de mieux comprendre ces dynamiques et d'identifier des stratégies pour préserver le bien-être des soignants impactés par la mort d'un patient, afin d'améliorer à la fois la santé mentale des professionnels et la qualité des soins prodigués aux patients.