Biopiraterie, éthique des affaires et stratégies RSE : des multinationales françaises face à l'appropriation des savoirs traditionnels et des ressources biologiques
| Auteur / Autrice : | Sophie Serizier |
| Direction : | Anne Bartel-radic, Fabien Girard |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de Gestion |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale sciences de gestion |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'Etudes et de Recherches appliquées à la gestion |
Mots clés
Résumé
Cette recherche examine la manière dont les entreprises multinationales intègrent la protection des savoirs traditionnels et des ressources biologiques dans leurs stratégies de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) en réponse au phénomène de biopiraterie. La biopiraterie est définie comme l'appropriation illégale ou contraire à l'éthique des connaissances et des ressources détenues par des communautés autochtones et locales par des acteurs extérieurs (Hamilton, 2006 ; Frederiksson, 2017). Elle soulève des enjeux à la fois éthiques et stratégiques pour les entreprises, notamment dans les secteurs pharmaceutique, cosmétique et agroalimentaire. Malgré l'existence de cadres internationaux tels que le Protocole de Nagoya (2010) et de réglementations nationales, des lacunes persistent, en particulier en ce qui concerne les données génétiques numériques. La littérature en éthique des affaires met en avant la responsabilité morale des entreprises à reconnaître les savoirs autochtones et à assurer un partage équitable des bénéfices (Fricker, 2007 ; Suchman, 1995). Cette étude conçoit la RSE comme un projet politique fondé sur la légitimation délibérative (Scherer & Palazzo, 2007), visant à promouvoir la justice environnementale, la reconnaissance épistémique et la légitimité sociopolitique (Bexell, 2022 ; Banerjee, 2023). Elle articule des perspectives juridiques, managériales et éthiques afin de distinguer la biopiraterie de la bioprospection éthique et d'élaborer des cadres opérationnels à destination des praticiens de la RSE. À travers une méthodologie combinant études de cas de multinationales françaises, entretiens semi-directifs et analyse documentaire, cette recherche vise à identifier les mécanismes organisationnels de vigilance et les outils opérationnels favorisant l'innovation responsable, dans une perspective de gouvernance éthique des biens communs bioculturels.