L'adaptation de la commande publique à l'épreuve des crises : étude des dispositifs d'urgence et de prévention
| Auteur / Autrice : | Angel Chauveau |
| Direction : | Helene Pauliat, Caroline Boyer-capelle |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit mention Droit public |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Limoges |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Gouvernance des Institutions et des Organisations |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Observatoire des Mutations Institutionnelles et Juridiques |
Mots clés
Résumé
Au cours du XXIème siècle, l'intensification des crises a amené le droit de la commande publique à s'adapter. Ces crises, pouvant être de nature économique, sanitaire mais aussi résulter d'actes terroristes, ont invité l'État à instaurer des dispositifs d'exceptions et des mesures d'adaptation. À ce titre, un cadre dérogatoire est prévu permettant aux acheteurs publics de s'affranchir des règles de publicité et de mise en concurrence. De ce fait, les garanties essentielles de la commande publique se retrouvent affaiblies. Ces dispositions accordent une attention particulière à la passation des contrats, reléguant souvent au second plan les questions liées à leur exécution. Néanmoins, l'exécution des contrats n'est pas insensible à la survenance de circonstances imprévisibles. À cet égard, le juge administratif est venu créer des théories comme celle de l'imprévision visant à accorder une indemnité pour compenser partiellement les charges extracontractuelles subies par le cocontractant. Il s'ensuit que l'adaptation de la commande publique doit intégrer la notion de résilience. Elle vise à adapter le contrat aux aléas intérieurs et extérieurs à la relation contractuelle. Actuellement, le terme est associé, le plus souvent, à la gestion des aléas environnementaux en matière de passation. Les considérations environnementales ont souvent été écartées du droit de la commande publique. Ces mesures étant considérées comme un critère discriminatoire au moment de la passation du contrat, les États ont été invité au plan international à en adopter pour verdir la commande publique. En effet, les contrats, notamment de marchés publics de travaux, disposent d'un réel impact environnemental. De ce fait, il était nécessaire d'adapter la commande publique au défi climatique en imposant aux parties, à l'aube de l'année 2026, de prévoir au moins un critère environnemental au moment de la passation du contrat. De plus, de nouvelles possibilités ont été offertes aux acheteurs publics. En ce sens, ils peuvent avoir recours à des marchés globaux de performance visant à tenir compte de l'impact écologique mais aussi énergétique en y ajoutant des objectifs chiffrés et déterminés. L'utilisation de la notion de crise englobe bien des concepts. La démocratisation de l'utilisation du numérique a provoqué des défis dont le droit de la commande publique doit se saisir. Par son importance économique, elle est plus encline à subir des cyberattaques. Dans un contexte actuellement marqué par des crises récurrentes, la commande publique est capable de s'adapter aux crises par des techniques juridiques diverses. Toutefois, ces dernières doivent se concilier avec les garanties initialement prévues par le code et les directives européennes applicables au droit commun. Ce travail de recherche s'articulera autour de deux parties. La première partie s'intéressera à la mise en uvre des dispositifs d'adaptation et de prévention prévues au sein de la commande publique. La deuxième partie permettra de présenter une simplification possible de ces dispositifs tout en envisageant la préservation des garanties au sein de la commande publique.